Jules Vallès,
L’Insurgé
(1886)
“ L'un deux, cheveux au vent, bras nus, poitrail à l'air, a du sang qui gomme dans les poils. Il vient de recevoir un coup de baïonnette lancé de loin, mais il a croisé la sienne contre la multitude. – Halte-là ! Et il va piquer dans le tas ! Ah bien, oui ! L'inondation humaine l'a emporté, lui et son arme, comme une miette de chair, comme un fétu de limaille, sans qu'il y ait eu un cri, même un geste, qui ait déchiré l'air. L'on n'a entendu que le fourmillement de la foule, comme la marche dans la poussière d'un troupeau de buffles. ”

