Catulle Mendès

Catulle Mendès

Résumé

Portrait de Catulle Mendès Catulle Mendès Les 73 Journées de la Commune (1871)

Quand Paris tout entier sera détruit, quand ses maisons, ses palais, ses monuments, renversés, émiettés, joncheront son sol maudit, et ne seront plus, sous le ciel, qu'une ruine démesurée, alors, de ce monceau informe, on verra, comme d'un immense sépulcre, sortir un fantôme de femme, squelette vêtu d'une robe éclatante, décolleté jusqu'aux côtes, et le crâne coiffé d'une toque ; et ce fantôme, courant de débris en débris, tournant parfois la tête pour voir si quelque libertin ressussité comme elle la suit dans la solitude, ce fantôme, ce sera l'âme affreuse de Paris !
Source : Gallica

Portrait de Catulle Mendès Catulle Mendès Les 73 Journées de la Commune

Tout le ciel, à gauche, est un pêle-mêle de sombre fumée et de lueurs sanglantes ; on dirait un immense remûment de monstres noirs, aux langues de feu : c’est l’incendie ! l’incendie de Paris ! Je sors à la hâte. Au coin de la rue de Trévise, une sentinelle me crie : « On ne passe pas ! » Je suis tellement troublé que je ne sais pas si ce factionnaire est un fédéré ou un soldat. Que faire ? où aller ? Malgré les balles qui sifflaient encore, il y a une heure, il y a des gens à toutes les croisées.
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Portrait de Catulle Mendès Catulle Mendès Les 73 Journées de la Commune

Un sifflement rapide, aigu, tortueux, commence au loin, redouble et vient à nous ; cela fait à peu près le bruit d’une fusée d’artifice qui s’enlève. Gare à l’obus ! crie un sergent, et en un clin d’œil le bataillon s’abat ventre à terre, avec un bruit de baïonnettes qui se froissent et de casseroles heurtées. Il y avait quelque danger en effet. Le projectile s’abat et éclate, avec un bruit formidable, à peu de distance de nous, sur le trottoir, devant la dernière maison de l’avenue, à gauche. Je n’avais jamais vu de si près éclater un obus.
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