Anonyme

Résumé

Anonyme À Toulon

Qu’en sait-il ? Et puis, après tout, de n’être point capitaine de frégate, le grand dommage, en vérité ! En serais-je plus malheureux, ou moins utile à mon pays ? Ce n’est pas sûr. Et enfin, du train dont nous allons, sera-ce donc un sort si enviable, bientôt, d’être officier de marine ?...
11 novembre. — Le coup de vent d’Est a duré trente-six heures. Ce matin la brise tombe, les nuées s’éclaircissent, s’entrebâillent et laissent voir, par échappée, un pâle soleil. Ce n’est encore qu’un sourire, mais déjà sur le quai du port, si triste avant-hier soir, le mouvement, la vie renaissent.
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Anonyme À Toulon

Ce Toulon est extraordinaire vers six heures du soir, extraordinaire de mouvement, de vie intense. Tout le monde est dehors : on sort de l’arsenal, des bureaux, des ateliers, et c’est un grouillis de populaire, un fourmillement de gens pressés, affairés, qui courent, se croisent, se heurtent en riant, repartent et puis s’arrêtent encore : « Té ! vé ! c’est toi, Marius !... Hé ! Baptistin !... Et autrement ?... Ah ! péchère !... »
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Anonyme À Toulon

La vieille darse traversée, et laissant à droite les rangs serrés des torpilleurs de la défense mobile, nous débouchons dans la rade, à laquelle les douze cuirassés et croiseurs de l’escadre donnent de l’animation. A gauche, nous longeons l’arsenal secondaire du Mourillon, avec ses cinq belles cales de construction, dont deux seulement s’emploient, toutes surprises de cette déchéance, à porter de maigres carcasses qui deviendront des sous-marins.
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