Commandant Emile Vedel

Résumé

Commandant Emile Vedel Revue des Deux Mondes

Or « quiconque commande la mer commande le commerce ; quiconque commande le commerce commande la richesse du monde, et par suite le monde lui-même [1] » — comme le proclamait sir Walter Raleigh, quand il exhortait ses compatriotes à se lancer dans la voie où ils ne devaient pas tarder à dépasser tous leurs concurrens. Et si des millions d’hommes s’entr’égorgent depuis trois ans passés, la principale raison en est que cette mer, ce commerce et cette richesse, dont les Anglais sont devenus les courtiers les plus actifs, l’Allemagne voudrait se les approprier de vive force.
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La guerre dérange peu nos habitudes, nous accomplirons notre tâche naturellement, ayant tout à portée de main, quel que soit l’endroit où nos bateaux nous mèneront. Le départ est silencieux et rapide. La ville dort encore, et sera bien étonnée demain, de voir la rade vide. L’escadre défile hors de la passe. Le jour est maintenant levé complètement, et l’on peut distinguer la ligne entière des croiseurs qui défile à toute vitesse vers l’Est, sur la mer grise.
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Souple et nerveux comme une lame d’acier, il en a la finesse et la trempe, naturellement aussi le tranchant, avec quelque chose de son éclair bleu dans le regard. Le coup d’œil rapide et la parole brève sont de quelqu’un qui saisit vite et se décide sur-le-champ, sans redouter aucune responsabilité. Le connaissant depuis le collège de Cherbourg, j’en attendais beaucoup, si jamais il trouvait son heure. Les dispositions qu’il imaginera pour barrer le Pas de Calais sont d’un marin consommé.
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