Jules Leclercq, Un été en Amérique, de l'Atlantique aux Montagnes-Rocheuses… (1886)
“ Arrivé au fond du gouffre, au bord de la rivière, je m'approche aussi près que possible de la cataracte. Elle se brise à quelques pas de moi; au-dessus de ma tête, elle se déploie en nappe immense : on dirait d'une énorme trombe d'eau qui tombe du ciel, sans relâche, sans repos. L'oeil peut suivre le cours de ce majestueux fleuve aérien, qui s'abîme sans que rien ne l'arrête dans sa course perpendiculaire. Parfois, le vent chasse de mon côté un nuage d'écume qui s'irise aux rayons du soleil : les couleurs du prisme s'y projettent, non plus en un arc partiel, mais en un cercle parfait. ”
