“ Pendant que des milliers de Canadiens-français combattaient dans les années du Nord, le gouvernement des Canadas-Unis favorisait de son mieux toutes les animosités, ou déclarées, ou sourdes, ou encore indécises, contre la grande République. ”
Canadas
Définition et enjeux
Citations sur “Canadas”
John George Lambton, comte de Durham, Rapport de Lord Durham sur les affaires de l'Amérique septentrionale britannique
“ La condition actuelle de ces colonies ne présente aucun de ces traits alarmante qui marquent l’État des deux Canadas. La loyauté et l’attachement envers la mère-patrie qui animent leurs habitants sont des sentiments chaleureux et universels. Mais leurs ressources amples et variées sont peu exploitées ; leur mince population présente, presque partout, un aspect de pauvreté, d’arrièrement et de stagnation ; et partout où l’on aperçoit un meilleur état de choses, l’avancement est généralement dû à l’émigration des colons ou capitalistes Américains. ”
John George Lambton, comte de Durham, Rapport de Lord Durham sur les affaires de l'Amérique septentrionale britannique
“ Là, du côté des deux Canadas, et aussi du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse, une population éparse de loin en loin, pauvre et en apparence non entreprenante, quoique vigoureuse et industrieuse, séparé les uns des autres par des étendues de forêts, sans villes, ni marchés, presque sans chemins, vivant dans de misérables maisons, n’arrachant guère plus qu’une subsistance grossière d’une terre mal cultivée, et paraissant incapable d’améliorer sa condition, présente le contraste le plus instructif avec ses voisins entreprenants et prospères du côté Américain. ”
John George Lambton, comte de Durham, Rapport de Lord Durham sur les affaires de l'Amérique septentrionale britannique
“ Il est à peine possible de concevoir les descendants d’aucune des grandes nations européennes aussi différents les uns des autres en caractère et en humeur, plus totalement séparés les uns des autres par le langage, les lois et les manières de vivre, ou placées dans des circonstances plus propres à produire de la mésintelligence, de la jalousie, et de la haine réciproque. Pour concevoir l’incompatibilité des deux races en Canadas il ne suffit pas que nous nous représentions une société composée en proportions égales de Français et d’Anglais. ”
Louis-Joseph Papineau, Le Temps
“ C’est en vain que le gouvernement anglais cherche à justifier les exécutions récentes qui ont ensanglanté les Canadas, par cette raison que des lois les autorisaient. Les lois de l’Angleterre, ses rois les ont souillées par une pénalité atroce décrétée contre toute espèce d’offence. Comme celles de Dracon, elles sont écrites avec du sang. La peine de mort s’y applique à un si grand nombre de délits, et si injustement, que, pour rendre bonne justice, le juge est souvent obligé de torturer le sens de la loi, de la faire taire ou même de la violer ouvertement. ”
François-Xavier Garneau,
Histoire du Canada, tome IV
“ L’Union des deux Canadas désirée par les Anglais de Montréal. — Ellice est leur agent. — Histoire de la fortune de ce marchand. — Le bill d’union amené secrètement devant le parlement impérial. — Parker donne l’alarme. — Sir James Macintosh et sir Francis Burdett avertis arrêtent le bill dans la chambre des communes. — Nature de ce bill. — Il est ajourné. — Sensation que la nouvelle de son introduction dans le parlement fait dans les deux Canadas. — Pétitions contre : M.M. Papineau et Neilson députés à Londres. Habile mémoire qu’ils présentent au gouvernement. ”
“ Courrier du Canada, Le, journal, 16Cours publics d’histoire du Canada, à l’Université de Montréal, 43, 201, 262, 267, 305 ; (1926 à 1934) , 37, 219 ; (1929) , sujet, 44-45 ; (1930) , enseignement français au Canada, 49, 51, 58 ; (1931) , Union des Canadas, 153, 167-169 ; à Ottawa et à Québec, 262-265 ; à Québec, 266-267, 361, 366 ; en France (1931-1932) , 55-74, voir Sorbonne ; à l’Institut catholique de Paris, 70-72 ”
Benjamin Sulte,
Histoire des Canadiens-français…
“ Il n’en est pas ainsi du mot Canada, qui, après Cartier, se répandit vers le golfe et, sous Champlain, remonta jusqu’à l’entrée de l’Ottawa. Plus tard, nos voyageurs désignèrent comme étant le Haut-Canada la province actuelle d’Ontario, et qui, de ce côté, embrassa la même étendue de pays que la Nouvelle-France. Depuis 1867, le mot Canada a envahi successivement le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse ou Acadie, le Nord-Ouest, la Colombie anglaise, l’île du Prince-Édouard, et la Baie-d’Hudson. ”
Charles Le Goffic,
L’Âme bretonne
“ Mais, étant le Canada, c’est-à-dire un pays fortement caractérisé sur la planète par ses lacs, ses monts, ses bois, sa faune, ses mœurs, son histoire, ses aspirations, il estime, et avec raison, qu’il a droit à ce qu’un peu de tout cela se transfuse dans les poèmes et les récits qui prétendent à l’exprimer : le Canada, en un mot, veut avoir une littérature à l’image de son sol et de son âme. ”
N.-E. Dionne, Le parler populaire des Canadiens français
“ L’intérêt est plus grand encore lorsqu’il s’agit pour nous, non d’une simple province, mais d’une partie de la France, détachée de la mère patrie, à une époque déjà lointaine, par des circonstances fatales, mais que l’affection et un indestructible souvenir unissent encore à travers l’Atlantique : nous avons nommé le Canada. ”
Hector Bernier, Au large de l’écueil
“ Vous avez raison, mais il faut que le peuple passe et que son flot gagne le large, que le Canada grandisse et qu’il étende ses ailes afin de planer d’un vol plus haut dans l’histoire ! s’écrie Jules, s’animant de plus en plus. Je ne sais quelle passion cet endroit m’inspire... J’entrevois l’âme canadienne à travers une vision nouvelle : elle est extraordinaire, grandiose, émouvante... ”
Jean Nel, La flamme qui vacille
“ Et canadien-français. J’ai lu beaucoup d’ouvrages concernant votre cher pays, que nous aimons comme il paraît qu’il nous aime. Le Canada, c’est un peu comme une autre Alsace-Lorraine. — Oh ! quelques arpents de neige ! — Vous semblez avoir un peu de rancune et beaucoup de malice ? — Oh ! non... du regret seulement. — Je vous comprends et je vous admire. Nous aussi, comment ne regretterions-nous pas qu’un roi insouciant et frivole ait jadis abandonné la Nouvelle-France et ses patriotes au joug anglais ? — Je ne croyais pas que l’histoire du Canada fût si connue en France. ”
Arthur Buies,
Question franco-canadienne
“ Intellectuellement, commercialement, politiquement, historiquement, le Canada fut séparé de la France ; il eut d’autres destinées ; il vit, petit à petit, s’étendre de nouveaux horizons, il entra plus directement dans la vie américaine ; le régime colonial, sous l’influence du progrès des idées et du développement des États-Unis, s’élargissant tous les jours, le Canada devint peu à peu maître de lui même, et, phénomène admirable ! ”
Joseph-Étienne Guinard,
Les noms indiens de mon pays
“ Le Canada est un immense pays de l’Amérique septentrionale, arrosé par une multitude de lacs, de rivières, borné au nord, à l’est et à l’ouest par trois océans et au sud par les États-Unis. Il est divisé en dix provinces : Île du Prince-Edouard, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, Québec, Ontario, Manitoba, Saskatchewan, Alberta, Colombie et Terre-Neuve ; plus deux territoires : Yukon et Nord-Ouest. Jacques Cartier, navigateur de St-Malo, découvrit le Canada en 1534 et donna à l’un de ses grands fleuves le nom de St-Laurent, lors de son second voyage en 1535. ”
Joseph Lallier,
Angéline Guillou
“ Il connaissait le Canada, depuis les montagnes Rocheuses qui se baignent dans l’Océan Pacifique, jusqu’aux confins des Laurentides qui aboutissent à l’Atlantique. Pas un ruisseau, pas une rivière, pas un lac, ni une montagne, ni une vallée qu’il n’eût explorés. ”
Albert Larrieu,
Une poignée de vérités
“ « Êtes-vous contents d’être au Canada ? aimez-vous les Canadiens ? » — « Mais oui, mais oui, nous sommes très contents me disait-on. Le Canada est un pays d’avenir. On y fait d’excellentes affaires. Les Canadiens-français sont aimables, hospitaliers, mais, entre nous, ils exagèrent avec leurs communions, leurs adorations, leurs retraites fermées. Croirez-vous que notre maire, qui est, sans conteste, un homme supérieur, dit son chapelet tous les soirs avant de se coucher ? » ”
Maréchal Fayolle, Revue des Deux Mondes
“ Le Canada est plus grand que l’Europe entière ; il s’étend sur des milliers de kilomètres, de l’Est à l’Ouest, du Sud au Nord ; la seule province de Québec est à elle seule plus grande que la France. De cette immensité nous n’avons vu qu’un bord. ”
Théodore Pavie,
Revue des Deux Mondes
“ Le Canada forme comme la base d’une région immense, plus grande que l’Europe, et avec laquelle il tend à entrer en communication par les grands lacs dont il possède la rive septentrionale. Nous voulons parler des territoires du nord et du nord-ouest qui s’étendent depuis le Labrador jusqu’à l’Océan Pacifique, de l’est à l’ouest, et n’ont au nord d’autres limites que les glaces du pôle. Il commande aussi, par sa position, les provinces qui se groupent autour de l’embouchure du Saint-Laurent, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve et les îles adjacentes. ”
Ch. Gailly de Taurines, La Nation canadienne
“ Les premières traditions canadiennes se trouvent justement liées aux plus belles traditions de notre propre histoire: c'est au temps de notre plus grande gloire nationale que le Canada prend naissance. François Ier, Henri IV, Richelieu, Louis XIV, Colbert, tous ces noms appartiennent aux Canadiens comme ils nous appartiennent; ce sont ces grands hommes qui ont présidé à la création de leur pays et l'ont protégé en même temps qu'ils agrandissaient la France et la rendaient glorieuse. ”
John Francis Waters, Les hommes du jour : Sir John A. Macdonald
“ En terminant cette courte étude sur celui que le Canada honore, non-seulement comme son plus grand homme d’État, mais encore comme une des plus belles figures du vaste empire britannique, nous ne pouvons nous empêcher de songer avec envie à la tâche glorieuse du biographe à qui il sera donné d’écrire la vie et l’histoire de ce noble et vaillant Canadien, dont les lignes qui précèdent ne font qu’effleurer la triomphale carrière. ”
Jules de Lasteyrie,
Le Territoire de la Compagnie de la baie d’Hudson…
“ Si nous passons maintenant de l’ouest à l’est du continent américain, de la colonie aurifère à la colonie agricole, nous trouverons dans les belles et douces provinces du Canada le même besoin d’ouvrir des voies de communication. Au Canada comme dans la Colombie, le maître des routes sera le maître de l’avenir. Il ne s’agit ici ni d’une colonie de l’Angleterre ni d’un satellite des États-Unis. Le Canada est une province indépendante qui possède une individualité propre. La population s’y est accrue comme aux États-Unis, et elle s’y est accrue par les mêmes causes et les mêmes moyens. ”
Pierre de Coubertin,
Anthologie
“ Le Canada, pays principalement agricole, de traditions mêlées et soumis à de rigoureux hivers, a connu maintes difficultés d’ordre intérieur ; l’émigration ralentie, des disputes confessionnelles, l’obligation d’engager de lourdes dépenses pour créer l’outillage national y ont causé des déceptions, mais la sagesse éclairée et le courage tranquille des Canadiens leur a permis de cimenter fortement leur union et de s’assurer un avenir solide. ”
François-Edme Rameau de Saint-Père,
Notes historiques sur la colonie canadienne de Détroit
“ Marchez donc devant vous plus que jamais attachés, à vos traditions, à vos mœurs, à votre langue et à votre religion, c’est là ce qui a fait la force de vos frères du Canada, c’est là ce qui leur a permis d’accomplir la puissante, et remarquable évolution qui les a élevé. ”
Benjamin Sulte,
Au coin du feu, histoire et fantaisie
“ On se remit à découvrir le Canada et à le vouloir peupler. Au bout de quarante ans, la colonie, affamée, oubliée, entourée par les Iroquois, n’en pouvait plus, et le Canada cessait encore une fois d’avoir une place dans la mémoire des hommes, il restait ici trois mille Français. ”
Alphonse Esquiros,
Revue des Deux Mondes
“ Le Canada se raconte en quelque sorte par ses lourds épis de blé, ses montagnes de fer et de cuivre, ses bois, et surtout des peintures à l’huile où l’on voit tomber les cascades, se dresser au clair de lune, avec des airs de fantôme, les rochers couverts de sapins, et s’étendre ces interminables prairies où paissent des troupeaux à demi sauvages. ”
“ L’amour profondément raciné du Canada aux généreux aspects, des traditions, les unes modestes, les autres grandioses jusqu’au sublime, l’amour de la langue maternelle, du droit qui façonne le peuple, des mœurs colorées, de la petite vie dont même l’obscurité est belle à cause de son principe résistant comme une mâle étoffe du pays, tout cela n’était pas nouveau parmi nous. ”
Théodore Pavie,
Revue des Deux Mondes
“ Par les lacs de l’ouest, le Canada confine les territoires qui forment la région moyenne et la région occidentale de l’Amérique anglaise. Ces vastes nappes d’eau, qui se déversent l’une dans l’autre pour se jeter à la mer par le Saint-Laurent, peuvent donc être regardées comme un seul fleuve, sur le bord septentrional duquel s’élèvent les villes principales de la colonie : Québec, Montréal, Kingston, Toronto et London. Par la route qui doit unir Québec à Halifax, le Canada est intimement lié au Nouveau-Brunswick et à la Nouvelle-Écosse ”
François-Maximilien Bibaud, Catéchisme de l’Histoire du Canada…
“ Le Canada conserva-t-il ses anciennes limites ? Pour comble de rigueur, on démembra du Canada l’île d’Anticosti et la côte méridionale du Labrador ; le lac Champlain et tout l’espace au sud du 45ème degré de latitude, ainsi que l’immense territoire à l’ouest du fort Ossouegatchie. Le reste prit le nom de Province de Québec, dont le général Murray fut le premier gouverneur. ”
Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ Canada est aussi le nom d’un pays particulier compris dans la grande contrée dont nous venons de passer. C’est celui qui est à la droite du fleuve de S. Laurent, vers son embouchure. Il a ce fleuve au nord, au levant le golfe du fleuve S. Laurent, la baie de Chaleurs au midi ; au couchant il touche au pays des Etechemins. Cette presqu’Ile est le Canada propre, qui, à ce que l’on prétend, a donné son nom à tout le pays qui est derrière, & au fleuve de S. Laurent. ”
Maréchal Fayolle, Revue des Deux Mondes
“ Au Canada, tout est grand, presque démesuré ; ici tout est beauté et harmonie. D’un côté, l’immensité des territoires, des plaines et des forêts qui s’en vont à l’infini, des fleuves qui s’allongent sur des milliers de kilomètres en traversant des lacs qui sont des mers ”
Joseph Doutre,
Les fiancés de 1812
“ Quand ils laissent le Canada pour leur voyage d’outremer, mille amis les saluent avec regret. Quand ils reviennent, ils ne sont ni Canadiens, ni Anglais, ni Français. Ils semblent toucher une terre inconnue, ils n’y reconnaissent plus personne. ”
Philippe Aubert de Gaspé,
Mémoires
“ Le Canada est un beau pays, mais je vais me trouver bien isolé, faute d’animaux de mon espèce. Je lui dis alors pour le consoler en lui frappant sur la croupe : Vivez dans l’espérance, mon cher ami. Le Canada se peuple rapidement, et dans cinquante ans, à la fleur de votre âge, vous aurez de nombreux amis de votre espèce. Ceci parut le consoler ; je lui fis de tendres adieux, et je repris le chemin de Québec. ”
Sylva Clapin, Sensations de Nouvelle-France
“ Me rappelant que le Canada est encore une colonie, je me suis souvenu qu’une loi mystérieuse finit toujours par façonner les individus, non-seulement sur la nature extérieure de leur pays, mais en outre sur les institutions qui les régissent. ”
Benjamin Sulte,
Histoire des Canadiens-français…
“ L’interprète du Canada présente un caractère à part dans l’histoire des colonies américaines : il est plus apte que l’Anglais à capter la confiance des Sauvages ; il reste plus civilisé que le Français, son frère, attiré vers d’autres parties du Nouveau-Monde. Ce premier groupe dont nous nous occupons a parcouru le Bas et le Haut-Canada ; il s’est baigné dans les grands lacs ; il a bu aux sources de toutes nos rivières. Les vieilles chansons de France qu’il a fait entendre au sein des solitudes de ce vaste continent, résonnent depuis près de trois siècles dans les forêts et les prairies. ”
Jules Tardieu, Contes et légendes de J.-T. de Saint-Germain… (1876)
“ Le Canada, comme je l'ai appris d'une épingle de ce pays-là, est un pays plein de vie et de séve, où la civilisation se propage avec une grande rapidité, où tous les yeux se portent vers la France, l'aïeule respectée et aimée ”
Félix Charbonnier, Fleur lointaine
“ Au cours de nos voyages, nous recueillerons pieusement tous les souvenirs canadiens, comme viennent de le faire vos compatriotes qui ont mieux fait connaître le Canada à la France. — Ce sera magnifique, s’écriait Yvonne à tout instant. — Mais après notre retour ici, vous m’accompagnerez dans les diverses parties du Canada que j’ai seulement vues à vol d’oiseau, dans les grandes lignes. L’Ouest est immense et grandiose. Mais l’Est est si français ! ”
