“ Mais, tels que vous êtes, avec vos prétentions monstrueuses, édifiées sur des grains de sable, vous ne pourrez jamais commettre que des horreurs. Fussiez-vous d’incomparables génies, il vous manque encore l’étude, les connaissances, la pratique assidue, les leçons, la direction. On naît écrivain sans doute, de même qu’on naît artiste ou poëte, mais personne ne naît avec l’intuition des règles de l’art ou du style. Plus on apprend et plus on découvre ce qu’on a à apprendre ; bien plus, on ne se corrige jamais autant que lorsqu’on est le plus près de la perfection. ”
Arthur Buies
Résumé
Réminiscences, d’Arthur Buies, explore avec acuité les enjeux de l’identité canadienne-française, la place de la littérature dans la société, et la tension entre tradition et modernité. Publié dans un contexte où la jeunesse et les enseignants se heurtent à des transformations sociales radicales, l’œuvre mêle réflexions sur l’art, les responsabilités des écrivains, et les luttes pour la survie d’une culture.
À travers des personnages comme Geoffrion ou Ménésippe, Buies dénonce les prétentions vides et exalte la valeur du savoir, du style et de l’engagement collectif. Son texte, à la fois didactique et poétique, insiste sur l’importance de la pratique et de la rigueur pour l’écrivain, tout en défendant un nationalisme culturel affirmé.
Citations de Réminiscences (Arthur Buies)
“ Naïf serait-on de s’étonner que la jeunesse d’aujourd’hui soit tout différente de celle d’alors. C’est le monde entier qui est sens dessus dessous ! La science, les découvertes, les progrès de toute nature nous ont fait une planète qui n’a rien de commun avec l’ancienne. Par suite, les jeunes du temps présent ne peuvent avoir ni les habitudes, ni le genre de vie, ni le tempérament, ni la manière d’être de ceux d’il y a une trentaine d’années. ”
“ Ceux-là ne tendent pas la main pour crier ensuite que c’est une profanation que de les payer en dollars, et quand ils reviennent meurtris, souvent à jamais invalidés par leur lutte contre une mort imminente de tous les instants, ils ne songent pas à ce qu’on leur doit, mais à ce qu’ils ont fait et à ce qu’ils feront encore demain, et cela leur suffit. La statue et la récompense, ils l’ont dans leur cœur et dans la souveraine joie de leur triomphe quotidien sur les périls auxquels ils arrachent d’autres hommes. ”
