Ernest Chouinard

Résumé

Ernest Chouinard L’arriviste

À cet âge, l’esprit et le cœur sont encore généreux ; l’égoïsme, s’il s’y en trouve, pour ainsi dire plus superficiel, n’accuse rien de cet intérêt haineux et souvent sordide qui pourra plus tard aigrir la vraie lutte pour la vie.
Mais à cette heure, dans le champ clos de la vie pratique, Larive va-t-il se contenter encore de marcher sur l’ombre de Guignard, de lui emprunter du prestige, de s’abstenir enfin de le dépasser, quand il en a l’occasion avec les moyens, même en le foulant à ses pieds ?
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Ernest Chouinard L’arriviste

C’est la troisième passion qui parle au cœur de l’homme du monde : la passion des honneurs, l’âpre désir, après l’acquisition de la richesse, ou du nécessaire seulement, de s’établir sur quelque pavois, d’auréoler son nom du suffrage populaire. Car l’on dirait que l’un des premiers besoins qu’accuse l’homme dans son orgueil, c’est de savoir ce que l’on dira, ce que l’on pensera de lui.
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Ernest Chouinard L’arriviste

La plutocratie est de plus en plus la caste qui commande et qui règne. À moins d’admettre avec l’ascète que cette vie n’est pas la vie, que tout n’y est que mensonge et vanité, il est difficile de secouer l’appétence des biens, des honneurs, de la considération exceptionnelle qui font d’ordinaire l’escorte de l’argent.
En mettant fin brusquement, comme nous l’avons vu, à la conversation plutôt vive avec son ancien ami, Félix Larive, rompant aussi pour jamais avec la poésie de sa jeunesse, allait avant tout, temporairement du moins et comme moyen d’arriver, devenir un homme d’argent.
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