Ernest Chouinard

Élements biographiques

Ernest Chouinard L’œil du phare

Émile Dupin, puisqu’il est cosmopolite, parcourra le monde encore une fois, et Jean Pèlerin reprendra racine dans le terroir qui seul maintenant peut offrir à sa vie des « heures franchement heureuses ». Mieux que de ses revenus, il vivra de la foi, du souvenir et de l’amour patriotique inconscient de ses pères. Car le patriotisme est une impression subjective qui donne aux choses et aux êtres un caractère unique, qui entretient dans notre cœur le désir inné d’en jouir en les conservant comme un patrimoine familial.
Non, la patrie, ce n’est pas le bien-être ; la patrie, c’est un sentiment.
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Ernest Chouinard L’arriviste

À cet âge, l’esprit et le cœur sont encore généreux ; l’égoïsme, s’il s’y en trouve, pour ainsi dire plus superficiel, n’accuse rien de cet intérêt haineux et souvent sordide qui pourra plus tard aigrir la vraie lutte pour la vie.
Mais à cette heure, dans le champ clos de la vie pratique, Larive va-t-il se contenter encore de marcher sur l’ombre de Guignard, de lui emprunter du prestige, de s’abstenir enfin de le dépasser, quand il en a l’occasion avec les moyens, même en le foulant à ses pieds ?
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Ernest Chouinard L’œil du phare

Du fond de l’abîme, il remontera sans cesse, ce souvenir de Gilles Pèlerin, pour hanter l’âme pieuse d’une femme et d’un enfant, qui n’apprendront pas à l’oublier.
Chaque fois que du haut de la tour blanche s’ouvrira l’œil fulminant du phare, par-dessus les embruns des vagues tourmentées ou l’irradiation des feux crépusculaires sur les ondes alanguies, il surgira, ce souvenir, dans ces cœurs aimants ; il appellera sur les lèvres la prière, seul foyer d’amour qui reste aux morts. Car c’est pour ceux-là surtout qui vivent dans la peine que la confiance en Dieu se fait consolante et douce.
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