Ernest Chouinard

Résumé

Ernest Chouinard L’œil du phare

Du fond de l’abîme, il remontera sans cesse, ce souvenir de Gilles Pèlerin, pour hanter l’âme pieuse d’une femme et d’un enfant, qui n’apprendront pas à l’oublier.
Chaque fois que du haut de la tour blanche s’ouvrira l’œil fulminant du phare, par-dessus les embruns des vagues tourmentées ou l’irradiation des feux crépusculaires sur les ondes alanguies, il surgira, ce souvenir, dans ces cœurs aimants ; il appellera sur les lèvres la prière, seul foyer d’amour qui reste aux morts. Car c’est pour ceux-là surtout qui vivent dans la peine que la confiance en Dieu se fait consolante et douce.
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Ernest Chouinard L’œil du phare

Émile Dupin, puisqu’il est cosmopolite, parcourra le monde encore une fois, et Jean Pèlerin reprendra racine dans le terroir qui seul maintenant peut offrir à sa vie des « heures franchement heureuses ». Mieux que de ses revenus, il vivra de la foi, du souvenir et de l’amour patriotique inconscient de ses pères. Car le patriotisme est une impression subjective qui donne aux choses et aux êtres un caractère unique, qui entretient dans notre cœur le désir inné d’en jouir en les conservant comme un patrimoine familial.
Non, la patrie, ce n’est pas le bien-être ; la patrie, c’est un sentiment.
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Ernest Chouinard L’œil du phare

Pourvu que vous me promettiez bien de veiller comme un frère sur mon Jean, de lui bien faire aimer le Canada, sa patrie, sans trop lui parler des autres cieux qu’il ne connaît pas et n’aime pas plus que moi. La patrie ! la patrie, mon cher !
— Mais la patrie, monsieur le curé, « là où l’on est bien, là est la patrie ! »
— Non, mon cher, ah ! non, dit le vieillard, en se levant brusquement pour prendre congé. Je vous souhaite d’être bien à bord de votre yacht, sous le ciel canadien, sans rien oublier de ce qui reste aux Pignons-Rouges, et comme vous paraissez l’être, sous d’autres cieux
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