“ N’a pas blessé son cœur d’un chagrin sans pardon, Je crains qu’il ne soit faible et ne succombe au charme De consolations plus tristes que ses larmes ! LE PÈRE Son courage n’est pas à ce point déprimé ! Quoi ? Parce qu’il aima... LA MÈRE Quoi ? Parce qu’il aima... Parce qu’il fut aimé ! Il connut ce bonheur, et, sachant ce qu’il vaut, S’il se guérit au point d’y songer de nouveau, N’éprouvera-t’il pas dans le fond de son âme, L’obscur pressentiment que, seuls, des yeux de femme, En offrant leur sourire à ses yeux désolés, Effaceront les pleurs qu’une autre a fait couler ? ”
Paul Spaak
Résumé
Citations de Kaatje (Paul Spaak)
“ JEAN Tu n’es pas gaie ! POMONA Tu n’es pas gaie !Hélas ! Comment donc sourirais-je ? C’est dans l’âme qu’il gèle et sur le cœur qu’il neige ! Le ciel ne fut pas bleu, pas une fois, pas une, Depuis trois mois ! Encor, si la bise importune, Balayant les brouillards, permettait qu’un instant On eût l’illusion d’un baiser du printemps ! Mais c’est la neige, à moins que ce ne soit la pluie, Et puis la neige, et puis la pluie... et l’on s’ennuie !... JEAN Eh ! quand on ne fait rien ; mais pas quand on s’occupe ! ”
“ JEAN Vous en remercier, mais... Quoi ? Je souffre tant ! LE PÈRE Eh ! c’est ton châtiment, si ce n’est pas ta honte ! Mais souffre comme un homme au moins, et rends-toi compte Qu’un chagrin n’est viril, que lorsqu’il laisse intacte La volonté d’une œuvre ou la force d’un acte ! N’as-tu plus rien en toi ? N’es-tu plus un artiste ? Le monde est-il, soudain, devenu sombre et triste Au point que rien ne vaut qu’on dessine ou qu’on peigne ? Et quel est ce beau feu que trois larmes éteignent ? ”
