Résumé

Lucrèce Borgia et Mme Marie Laurent… (1870)

L'art du comédien, on peut bien le dire, tient tout entier entre ces deux pôles : Jacques Sheppard et Lucrèce Borgia; et le talent de l'artiste qui a pu ainsi s'étendre de l'un à l'autre, sans rien perdre de sa puissance, a l'envergure du génie.
Marie Laurent n'a cependant pas été, ce soir, et ne pouvait pas être la Lucrèce de l'histoire. Mais le propre des grands artistes c'est l'autorité, — et l'un des privilèges de l'autorité, en matière de théâtre, c'est de dominer l'histoire.
Source : Gallica

Lucrèce Borgia et Mme Marie Laurent… (1870)

Mme Marie Laurent n'a pas la beauté romaine ; sa démarche manque d'élégance, sa voix n'a pas de cordes harmoniques. L'art de porter la robe comme une patricienne et de parler comme on parle sous des lambris dorés, elle n'a pu l'acquérir en jouant, avec la perfection qu'elle y apporte, la Voleuse d'enfants. Aussi sa premièreentrée na-t'elle pas séduit. Mais aussitôt que le drame exige de la force, de l'autorité par la violence, elle s'élève à la hauteur de son rôle et s'y maintient. Ce n'est pas seulement par un mot bien lancé qu'elle a mérité les bravos de la salle
Source : Gallica

Lucrèce Borgia et Mme Marie Laurent… (1870)

Mlle Georges, la partenaire de Talma, la représentante de la grande école tragique, applaudie par des parterres de rois, pour entrer ensuite dans l'intimité des empereurs, puis directrice de théâtre presque absolue, avait ici pour héritière une actrice de boulevard, simple mère de famille, mariée à un homme aussi estimé qu'elle — ce qui n'est pas peu dire - mais simplement un bon comédien !
Eh bien, les deux actrices, l'une venant de haut, l'autre de sphères plus
modestes, se sont rencontrées — la grande dame de l'art et la plébéienne du drame — à l'apogée du succès.
Source : Gallica

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