Gaston Leroux

Gaston Leroux

Résumé

Portrait de Gaston Leroux Gaston Leroux La Maison des juges

Le Grand Réquisiteur. — Le jour où vous avez revêtu pour la première fois la robe du juge, je vais vous dire ce que vous êtes devenu... un homme qui ne s’appartient plus, une pensée qui ne doit exister que pour le triomphe d’une institution sacrée, un cœur qui ne connaît, ni la faiblesse, ni le remords, dès qu’il s’agit de la paix de la société...
Jean, l’interrompant. — Oui !... je sais, l’ancêtre m’a déjà dit ces choses.
Le Grand Réquisiteur. — L’ancêtre, pour sauver l’État, a fait tomber trois têtes... On ne vous en demande pas tant !... et vous êtes son héritier ?...
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Portrait de Gaston Leroux Gaston Leroux La Maison des juges

Jean. — Au nom de quoi jugent-ils et frappent-ils ? De quel droit vont-ils exiger des autres une vertu qui leur est étrangère ?... Et par quel artifice ceux-là dont le cœur, l’esprit et la conscience sont prostitués, se guideront-ils entre ces deux pôles du monde : le pur et l’impur !... Juger est une mission si haute et si sainte que je place celui qui l’accomplit selon sa conscience au-dessus du prêtre et plus près de Dieu !
Marie-Louis. — Quel beau !... quel grand juge tu fais... toi, Jean !... Moi, je suis indigne de juger les hommes !
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Portrait de Gaston Leroux Gaston Leroux La Maison des juges

Jean. — Comment veux-tu juger si tu ne peux t’appuyer de toute ta force sur ta conscience ? Il faut te faire une conscience de granit, Marie-Louis... Mon pauvre enfant, crois-tu donc que c’est assez de te vêtir d’une robe pour être un juge ? Oh ! certes... je vois tous les jours des hommes que, ni la grandeur de leur esprit, ni la pureté de leurs mœurs, ne distinguent des autres hommes ; ils passent dans la vie, avec les passions et les crimes quotidiens de chacun, ils s’affublent de quelques oripeaux, et on les appelle des juges !
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