Résumé

Annuaire de l’Institut-canadien pour 1868

La tolérance, c’est donc la fraternité, l’esprit de la religion bien comprise.
La charité est la première vertu du chrétien, la tolérance est la seconde. La charité, c’est l’amour actif, le secours : c’est le bon Samaritain pansant le lépreux. La tolérance, c’est le respect du droit d’autrui, c’est l’indulgence pour l’erreur ou la faute ; c’est le Christ disant aux accusateurs de la femme adultère : « Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette la première pierre. »
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Il y a en Canada comme ailleurs, comme dans tous les pays où on lit et où l’on pense une sève ardente, passionnée qui circule dans chaque fibre vivante du corps social ; cette sève c’est l’idée de liberté et de progrès. Cette idée crée deux révolutions en Canada : l’amour de la liberté se manifesta par l’impuissant mais généreux soulèvement de 1837, — l’amour du progrès créa l’Institut-Canadien en 1844.
L’Institut-Canadien fut fondé non pas par un parti politique, non pas par une dénomination religieuse particulière, il fut fondé par et pour les amis de l’étude mais surtout pour la jeunesse.
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Oui, certes, la réaction rit au mot de fraternité, elle qui n’a jamais fait autre chose que haïr et persécuter ; elle surtout qui semble si glorieuse de pouvoir revendiquer tout un passé de bûchers et de bourreaux ; elle qui a su inventer vingt mensonges et falsifier l’histoire pour justifier les bûchers aux yeux des ignorants !
Non, Messieurs, ce n’est pas toujours chez la réaction que nous trouvons les vraies notions de l’Évangile, car ses adeptes ne font souvent qu’encourager, conseiller, montrer le triste exemple de l’ostracisme et de la persécution morale au milieu de nous !
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