Résumé

N.-E. Dionne Le parler populaire des Canadiens français

La dépense de travail, c'est une attelée, de même maîtriser quelqu'un, c'est l'atteler; le voilà attaché comme un bœuf ou un cheval, ou le voit ainsi, on ne le pense plus seulement. Une foule est une avalanche, on sent qu'elle se précipite de loin. Appuyer, c'est accoter. Même, lorsque le mot était déjà matériel, on l'abaisse encore pour avoir une image plus saisissante. S'accroupir devient s'accouver, tacher devient abîmer. C'est là sans doute, en tout pays, la source la plus abondante du parler populaire; il en est de même au Canada, aussi insistons-nous sur ce point.
Source : Gutenberg

N.-E. Dionne Le parler populaire des Canadiens français

Le casque signifie tête, toupet, l’image est bien naturelle. Le char semble très prétentieux, car le langage populaire n’élève pas ainsi les expressions, sans qu’il y ait ironie, cela s’applique à un wagon, à un train de chemin de fer, à un tramway. Au contraire, on abaisse lorsqu’on donne le nom de charretier au cocher, de charriement, à la course, de charrier, à aller trop vite, renvoyer, ou que la fenêtre devient un simple châssis, comme si elle avait perdu ses vitres. Le tapage est si fort qu’il devient un carillon, ce qui fait image pour les oreilles.
Source : Wikisource

N.-E. Dionne Le parler populaire des Canadiens français

La bouche n'est plus qu'une boîte, le tableau qu'un cadre, et la montre qu'un cadran. Le bruit devient bien terrible, c'est un carnage. Un substantif, bœuf, se convertit en adjectif énergique, dans un effet bœuf. Outrager devient blasphémer, et être impatient, bouillir. La colère bleue est la plus terrible, plus, sans doute, que si elle n'était que rouge. Le diable apparaît bien plus réel, si on l'appelle bourreau. Conter des mensonges, c'est bourrer. Etre insupportable devient visible par cette expression n'avoir pas de bout, de même que bête au bout, c'est être tout a fait bête.
Source : Gutenberg

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