Chétif

Définition et enjeux

A. Matthey,  La fête de Saint-Rémy (1886)

“ Puis, les gendarmes qui rôdaient.
— Pourvu qu'ils ne rencontrent pas Chétif avec les collets ! s'écria-t-il tout à coup, ramené brusquement à la préoccupation de sa sécurité personnelle. J'ai bien envie d'y renoncer pour cette nuit ! Ce feignant de Chétif... où est-il à présent ? Faut que je l'attende tout de même... Mais quand il m'aura rejoint, nous m
retournerons tout de suite au pressoir... Je n'ai plus le cœûr à la braconne, comme dit mon parrain !
Et, s'avançant avec d'infinies précautions, Ginglet gagna un autre sentier qui le menait à la rencontre du petit muet.
”
Source : Gallica

N.-E. Dionne,  Le parler populaire des Canadiens français

“ Parfois c'est un sens étymologique qui se trouve restitué: casuel, c'est fragile, de même camper est jeter par terre. Chaud, c'est cher, c'est aussi un peu ivre. La double analogie est facile à saisir. Ce qui est trop cher brûle la main indigente qui veut y toucher. En passant ainsi du matériel à l'intellectuel, il s'opère souvent des déviations remarquables. Chétif a signifié d'abord en français captif, du latin captivus; il a maintenant le sens de faible de corps; en Canada, il passe au sens de méchant. De même, chavirer prend celui de devenir fou, car l'intelligence fait naufrage. ”
Source : Gutenberg

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