René Des Chesnais

Élements biographiques

René Des Chesnais En felouque sur le Nil : souvenirs de Basse-Nubie et de Haute-Égypte (1897)

Sarkiss, mort de fatigue, est allé dormir. Yanni l'a imité. Joe rêve, hypnotisé par le mirage. Je rêve avec lui, captivé, fasciné, devant ce Nil nubien, incomparable, merveilleux, passionnant. Dieu est grand !
Tout déborde de son infinie splendeur, de sa mystérieuse bonté ! Les frémissements de l'air, les irradiations de la nuit, les battements de notre cœur, les images qui s'esquissent sous nos yeux et dans notre pensée, tout le dit, le parle, le chante. Notre rêverie est une adoration, une prière, un hymne, un élan, un vol de la foi dans les régions des cieux.
Source : Gallica

René Des Chesnais En felouque sur le Nil : souvenirs de Basse-Nubie et de Haute-Égypte (1897)

Il prend toutes les nuances. Il est bleu au pied de la roche blanche qui s'y reflète comme en un miroir. Il est vert au milieu du chenal où le courant entraîne notre felouque. Il est jaune sur la grève plate et à peine inclinée où il se joue dans le sable fin. Il est rose, tout là-bas, dans la crique pittoresque où le soleil, inondant la pierre de ses rayons, colore de la même nuance chatoyante la berge et le fleuve.
A l'Orient, sur la rive droite, cramponné par un tour de force à la pâle muraille d'un vigoureux rocher, un village nubien, Gomarkab, pend, comme un nid, au-dessus du Nil.
Source : Gallica

René Des Chesnais En felouque sur le Nil : souvenirs de Basse-Nubie et de Haute-Égypte (1897)

Leurs escarpements sont plus hardis, leurs flancs plus arides, leurs surfaces plus brûlées. Le Nil gronde en côtoyant le pied des rochers qu'il arrose d'écume.
Notre équipage chante à tue-tête. Vie et gaieté éclatent dans le paysage et dans la voix des chanteurs. Sarkiss se mêle à l'entraînement général. Joe abandonne son fusil. Yanni oublie sa flûte; et tous, sans plus nous soucier du déluge de torrides rayons que le soleil déverse sur nous, nous écarquillons nos yeux pour fouiller l'horizon, où vont apparaître les maisons de Korosko, au brusque détour des hautes falaises de la rive droite.
Source : Gallica

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