Wenceslas-Eugène Dick

Résumé

Wenceslas-Eugène Dick Le Roi des étudiants

« Voyons, Champfort, doutes-tu de nous ? Sommes-nous, oui ou non, tes meilleurs amis ?
— Certes, oui.
— Eh bien ! qu’as-tu à craindre ?
— Rien ; mais mon secret est un de ceux qu’on emporte dans la tombe.
— Ta ! ta ! ta ! ton secret n’en est pas un, car je le connais, moi.
— Alors, c’est toujours un secret, » répondit noblement Champfort.
Un éclair brilla dans l’œil noir de Després. Il leva fièrement sa belle tête intelligente, serra la main du jeune homme et dit :
« Merci, Champfort. Cette bonne parole est un coup d’éperon qui m’engage définitivement dans la voie que j’ai adoptée. »
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Champfort perdit la tête. Il saisit brusquement les deux mains de sa cousine, et d’une voix où tremblait la passion si longtemps comprimée :
« Non, non, s’écria-t-il, tu ne feras pas cela, ma bonne Laure ; non, tu ne seras pas l’enjeu de la partie jouée par un misérable ; non, tu n’iras pas broyer ton cœur sous le corsage de ta robe nuptiale !... car je ne veux pas, moi ; car, aux ignobles calculs de Lapierre, j’opposerai mon amour sans tache pour toi, mon amour que six années d’amertumes contenues rendent sacré ! »
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« Pardon, pardon, ma chère Laure... murmura-t-il. Je suis en effet cruel... mais l’espèce d’antipathie que vous me montrez, l’inexplicable froideur qui a remplacé, dans nos relations, la bonne et douce cordialité d’autrefois me font mal à l’âme et me rendent injuste malgré moi.
— Relevez-vous mon cousin, répondit la jeune fille avec une douceur triste, et souvenez-vous qu’il ne faut jamais juger à la légère les sentiments d’une femme, quelque bizarre qu’ils paraissent.
— Je m’en souviendrai, Laure, » répondit Paul, que cette phrase ambiguë n’intriguait pas médiocrement.
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