Jean-André Jeannel

Résumé

Jean-André Jeannel Le crime d’un père

Après la scène violente qu’il avait eue avec sa femme, après le départ précipité de celle-ci, le professeur Renouard était tombé dans un état de protestation, chose extrêmement rare et normale chez ce savant aux nerfs d’acier, à la volonté irréductible.
C’est qu’en un seul instant, toutes ses affections, toutes ses croyances, toute sa vie enfin, venaient d’être bouleversées. Mille fois plus à plaindre que celui qui connaît l’étendue de son malheur, il endurait les angoisses du doute, les tortures du soupçon, qui pétrissent l’âme et tenaillent le cœur.
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Jean-André Jeannel Le crime d’un père

GRELUCHETTE ET FRELUQUET
L’aurore
En notre cœur amène le désir
De vivre, mais il faut pourtant souffrir
Encore
Un coq jeta son appel éraillé, car un tel volatile, égaré dans un semblable quartier, ne saurait saluer le soleil d’un puissant et retentissant « cocorico » ; les bêtes partagent, sinon les sentiments, du moins les bonnes et mauvaises fortunes de leurs maîtres : dans ces parages de misère, un coq, même sans harem, ne peut être qu’enroué et efflanqué.
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Jean-André Jeannel Le crime d’un père

En effet, Freluquet venait annoncer Greluchette.
— Qu’elle entre ! s’écria Renouard, tâchant de chasser de son front les soucis.
— Greluchette !
Répéta machinalement René, avec émotion.
— Eh oui, mon cher. Greluchette, la plus charmante de mes infirmières !... Entre, jeune printemps ! Venez réchauffer du soleil de votre sourire un sombre hiver en tête-à-tête avec un triste automne !
Greluchette avançait timidement, saluant le « sombre hiver » avec respect. En apercevant « l’automne », elle ne put réprimer un mouvement de joie.
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