Résumé

Th. Bentzon Le Roman de la vie de province en Angleterre…

Son adorateur préféré est pour le moment Will Ladislaw ; elle prend sa galanterie hyperbolique et à demi moqueuse pour le langage de la passion, et lui s’efforce d’oublier, en badinant avec cette femme légère, l’amour sans espoir qui remplit son cœur. Il sait trop qu’il doit fuir Dorothée ; la précaution prise par M. Casaubon est faite pour les séparer plus que jamais. Leurs adieux, au moment où il souffre de s’éloigner, où elle brûle de le retenir, forment une des meilleures scènes de ce roman, qui abonde en beautés noyées dans des torrens d’ennui.
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Th. Bentzon Le Roman de la vie de province en Angleterre…

Pour mériter le titre de grand romancier, il reste à George Eliot à reconnaître que la première condition du beau est d’édifier la charpente de l’ensemble avant de s’occuper de l’ornement, et que la perfection des détails ne suppléera jamais à l’absence de plan déterminé, pas plus que le réel ne pourra se passer, quoi qu’on fasse, de l’alliance de l’idéal. On l’a dit souvent, et on ne saurait assez le répéter : l’idéal n’est pas au-dessus de la nature, il fait partie du vrai, il est indispensable à toute œuvre élevée.
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Th. Bentzon Le Roman de la vie de province en Angleterre…

D’où vient donc que l’on n’est jamais satisfait, qu’on ne peut jamais l’être après la lecture d’un roman de George Eliot ? — La critique anglaise nous répond que le propre du talent de cet auteur n’est pas de satisfaire, qu’il ne veut qu’attacher, et que ce n’est pas la faute de son œuvre si elle nous laisse, comme la vie elle-même, tristes et affamés. Fort bien ! mais nous en reviendrons toujours à ceci : l’art doit-il donc être la reproduction exacte et servile de la vie ?
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