Résumé

L. Étienne Un Retour du réalisme à l’idéal à propos d’un poème de George Eliot

La noble demoiselle, en quelques bonds légers, passe à travers les assistans, qui s’écartent aussi curieux qu’interdits. D’un mouvement brusque, elle jette de côté sa mantille, saisit un tambourin, et voilà Fedalma, une perle de beauté et de distinction, qui se donne en spectacle aux désœuvrés de la ville. Elle commence par des pas mesurés et gracieux ; bientôt elle s’anime, elle oublie ses titres, sa haute fortune, son prochain mariage : elle oublie don Silva lui-même et son amour. Sa nature l’entraîne ; c’est un délire, une joie folle qui court à travers ses veines.
Source : Wikisource

L. Étienne Un Retour du réalisme à l’idéal à propos d’un poème de George Eliot

Ces lignes ne prouvent pas seulement que George Eliot était réaliste ; elles montrent encore de quelle manière il a voulu l’être. Ses romans sont aussi comme les puissantes rivières ; sans se mettre en quête de la beauté, ils la trouvaient souvent, non celle de la forme, qui n’a pas d’âme, mais la beauté morale, qui transfigure. Naguère nous avons vu dans l’art, ainsi que dans les lettres, un réalisme bien différent, qui prétendait faire admirer la laideur pour elle-même et pour l’exactitude de la peinture.
Source : Wikisource

L. Étienne Un Retour du réalisme à l’idéal à propos d’un poème de George Eliot

Qu’importe que le monde soit une triste mascarade où celui qui change de fortune ne fait que changer de haillons ? Avec l’amour de Fedalma, le monde acquiert plus de prix ; quand il ne serait qu’une mascarade, les haillons vaudraient bien la peine d’être portés.
Ces discours raniment le courage de don Silva ; mais Juan n’est pas toujours là, et la solitude fait de la nature un désert immense, inhospitalier, quand l’âme troublée a peur d’être en présence d’elle-même.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature