Gustave de Beaumont,
Marie ou l’esclavage aux États-Unis
“ Malheur à celui qui romprait cette alliance sacrée ! malheur !... — Arrêtez ! s’écria Marie ; elle se tut quelques instants : — Ludovic, reprit-elle ensuite, je n’essaierai point de vous peindre les sentiments dont mon âme est remplie... Vous venez de me parler une langue dont je comprends le sens, parce que c’est celle du cœur ; mais je n’en sais pas les mots... Ah ! de grâce, cessez des discours qui m’enivrent et me désolent ! L’image du bonheur est trop cruelle pour qui ne saurait être heureux. Vous m’aimez, Ludovic... Mon Dieu ! cet amour, qui fait ma joie, est le gage de mon infortune... ”

