Résumé

Th. Bentzon Un roman politique en Allemagne…

Peut-on secourir l’Autriche sans offenser l’Italie, qui est déjà trop forte pour qu’on la dédaigne ? Peut-on laisser faire la Prusse ? Peut-on voir se constituer l’Allemagne sans mettre en péril le prestige de la France, même nos frontières, l’Alsace et la Lorraine, ces anciens pays allemands ?
Piétri se met à sourire : — Votre majesté daigne plaisanter.
— Piétri, réplique l’empereur, vous ne connaissez pas les Allemands ; moi je les connais et je les comprends, car j’ai vécu parmi eux. Ce peuple allemand est un lion qui ignore sa force.
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Th. Bentzon Un roman politique en Allemagne…

Non, monsieur, bien que le roi désire éviter autant que possible une guerre avec l’Allemagne ; mais, la question de principe une fois touchée, le roi ne cédera pas non plus. Il a créé la nouvelle organisation de l’armée, qui doit être admirable, il l’a emporté de haute lutte malgré l’opposition du parlement ; comment voulez-vous qu’il cède dès la première occasion qui s’offrira d’utiliser cette armée pour l’agrandissement de la Prusse ? Quant à la position de M. de Bismarck, elle est solide ; rien n’ébranlera la confiance qu’a le roi en son ministre.
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Th. Bentzon Un roman politique en Allemagne…

Il y en a une, répond en souriant M. de Manteuffel, il y a une opinion publique qui s’élève comme le vent, aussi fugitive et aussi terrible que lui lorsqu’il apporte la tempête. L’événement qui repose encore dans le sein de l’avenir, c’est une guerre d’Allemands contre Allemands, une guerre civile, et dans de telles conjonctures l’opinion publique réclame son droit. Elle peut être un allié puissant ou un ennemi formidable, et elle est contre la guerre en Prusse plus encore que dans le reste de l’Allemagne.
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