Eugène-Melchior de Vogüé,
Une Guerre servile en Russie, la révolte de Pougatchef
“ A deux mille verstes de la capitale, entre le sauvage Volga et le torrentueux Iayk, depuis la Kama jusqu’à la mer Caspienne, s’étend la mère-steppe, immense, bleuâtre, à perte de vue ; elle s’étend sans fin et sans bords. C’est là qu’errent les audacieux, qu’on respire à pleins poumons, là qu’on secoue en galopant les chagrins et les soucis du cœur ; là que les têtes chaudes, ennemies de tout joug, vivent à leur guise. La libre confrérie des vauriens parcourt la steppe, le couteau à la botte, sans tsar à l’esprit, sans Dieu dans la conscience... ”
