Pierre III de Russie

Définition et enjeux

A. Lèbre Revue des Deux Mondes

Il y gagna d’être le chef spirituel de l’empire ; les consciences lui furent asservies ; l’homme devint tout entier esclave, et même dans la prière, ce suprême asile de la liberté, il se trouva sous le despotisme du tsar. Pierre confisqua tous les biens du clergé. Il sentait une répulsion instinctive contre les moines. Que voulait dire en Russie un homme qui ne sert pas l’empereur, qui a un autre chef, pauvre, content de son indigence, indifférent à la faveur ou à la colère du prince, craignant Dieu seul ?
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Portrait de Saint-René Taillandier Saint-René Taillandier Revue des Deux Mondes

On répète toujours que Pierre le Grand conçut le premier la pensée de transformer son empire avec l’aide des savans étrangers : c’est ce puissant génie, sans aucun doute, qui mit la Russie en communication directe avec les états européens et lui traça une route et un but ; mais un siècle avant lui des savans, des théologiens, des médecins, des architectes, des ingénieurs d’Allemagne, tantôt attirés par les tsars, tantôt séduits par de vagues espérances, étaient allés chercher fortune chez les Russes.
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Portrait de Anatole Leroy-Beaulieu Anatole Leroy-Beaulieu La Russie et les Russes

L’idéal de Pierre le Grand était moins ce que nous entendrions aujourd’hui par civiliser que ce que son temps appelait policer. Pcut-être même la civilisation était-elle pour le tsar autant un moyen qu’un but, et la richesse d’un côté, la force de l’autre, toutes deux en vue de la puissance nationale, le terme final de ses efforts. L’Occident, au moment où Pierre la tourna vers lui, était pour la Russie un dangereux modèle.
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