Fédor Dostoïevski,
Journal d’un écrivain
“ Un être inconnu s’empara de moi et nous nous trouvâmes tous deux dans l’espace. Brusquement je pus voir, mais bien peu, car la nuit était plus profonde, plus ténébreuse qu’aucune des nuits de ma vie. Nous étions lancés en plein ciel, déjà loin de la terre. Je ne demandais rien à celui qui m’emportait ; j’étais fier de la pensée que je n’avais pas peur. J’ignore combien de temps nous planâmes ainsi dans le vide. Tout continuait à se passer comme dans les songes où le temps et l’espace ne comptent pas. Tout à coup, au milieu de l’obscurité, je vis briller une étoile : « Est-ce Sirius ? » ”
