Résumé

H. Delaveau,  Revue des Deux Mondes

“ Le pauvre serf, une fois installé dans ce triste gîte, y est victime de la confiance qu’il s’est trop hâté d’accorder à son complaisant introducteur. L’hôte, dont cet homme est le complice, accueille sans difficulté le paysan souffre-douleur ; échauffé par quelques libations d’eau-de-vie, celui-ci ne tarde pas à s’endormir. La nuit s’écoule ; mais à peine le jour commence-t-il à poindre, que des gémissemens réveillent en sursaut tous les dormeurs. C’est Antone qui pousse ces cris ; il est dans le plus profond désespoir, il s’arrache les cheveux et se tord les bras. ”
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H. Delaveau,  Revue des Deux Mondes

“ Depuis le matin jusqu’au soir et du soir au matin, les flèches aux dards trempés volent, les sabres retentissent, les lances durcies résonnent dans ces plaines inconnues. Le sol est noirci par le piétinement des chevaux ; il est couvert d’ossemens et inondé de sang russe, prédestiné au malheur. Mais qu’est-ce que j’entends ? quel est ce bruit qui retentit au loin dès l’aube ? C’est Igor, qui ramène ses bataillons pour secourir son doux frère Vsevolod. On combat encore un jour et le suivant ; mais au milieu du troisième les drapeaux d’Igor s’abaissent. ”
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H. Delaveau,  Revue des Deux Mondes

“ Rien ne trouble le silence, rien, si ce n’est le grincement rauque de la longue bascule d’un puits ou le bruit d’un chariot vide, dont le cheval, excité par la voix sonore du conducteur, ébranle en passant les rondins du pont. Quant à la population qui vit au sein de ces pauvres villages, elle réunit des qualités morales et physiques fort remarquables. Grâce à des formes sociales précieusement conservées, le paysan russe n’a vraiment pas son pareil dans le monde ; il n’a rien de l’air contraint et grossier des paysans occidentaux. ”
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