Pierre Kropotkine,
Mémoires d’un révolutionnaire
“ Quelques instants après, comme la procession retraversait le quai en revenant au palais, un vieux paysan, tête nue, franchit la double haie de soldats qui bordait le chemin suivi par la procession, et tomba à genoux aux pieds de l’empereur. Il tenait une supplique à la main et il criait les larmes aux yeux : « Père, défends-nous ! » Dans ce cri on devinait les siècles d’oppression subis par les paysans russes ; mais Alexandre II, qui un instant auparavant riait, pendant l’office religieux, d’une perruque mise de travers, passait maintenant près du paysan sans lui prêter la moindre attention. ”

