Anatole Leroy-Beaulieu,
Un homme d’État russe contemporain
“ Le général Dmitri Milutine lui apprenait qu’ayant vu l’empereur dans la matinée, il avait en vain supplié sa majesté d’épargner à Nicolas Alexèiévitch le poste de Pologne. La résolution d’Alexandre II était prise, et rien ne devait plus l’ébranler. « Quel retour, grand Dieu ! s’écriait Milutine. On s’obstine à me creuser une fosse. » Et, revenant sur cette première impression, il ajoutait avec tristesse : « Ma position est vraiment tragique ; l’heure est solennelle, l’horizon est chargé d’orage, et il y aurait lâcheté à marchander ses services, si on sentait pouvoir être utile. » ”
