Résumé

Georges Renard Les Princes de la jeune critique… (1890)

Suivant un mot de Sainte-Beuve, pour ces poètes déclassés la critique est comme une lucarne à travers laquelle ils se montrent. Autrement dit, le livre dont ils parlent ne leur est souvent qu'un prétexte à faire briller leur talent, à tirer des feux d'artifice, à donner une fête à leur esprit et à celui des autres. Figurez-vous encore un habile ouvrier qui brode des fleurs de soie et d'or sur un canevas terne ou usé; tel est maintes fois le cas d'un critique-poète tel est celui de M. Anatole France. Il n'est pas rare que ses broderies aient plus de valeur que l'étoffe qu'elles recouvrent.
Source : Gallica

Georges Renard Les Princes de la jeune critique… (1890)

L'artiste est de sa nature exclusif: « Son œil est construit et exercé de telle sorte qu'il n'aperçoit qu'une partie de la réalité. » Ainsi parle M. Ganderax lui-même, et, suivant la règle qu'il constate, il marque des préférences et des antipathies qui révèlent et reflètent les caractères et les lacunes de son talent.
Si l'on ne saurait demander à un critique qui est en même temps artiste d'apprécier toutes les formes de l'art avec une impartialité absolue, on peut du moins réclamer de lui assez de largeur d'esprit pour qu'il comprenne et goûte plusieurs genres de beauté.
Source : Gallica

Georges Renard Les Princes de la jeune critique… (1890)

Or, ou je me trompe fort, ou M. Lemaître aime par-dessus tout ce qui est fin, délicat voire même subtil; il ne hait point ce qui est spirituel, élégant, joli. C'est un féminin. Il est plus sensible à la grâce qu'à la force, à
l'harmonie des nuances qu'à l'éclat des couleurs. Il préfère Racine à Corneille, Musset à Victor Hugo; ne le prenez pourtant pas pour un de ces dégoûtés dont la bégueulerie recule devant ce qui est robuste, pour peu que ce soit en même temps grossier.
Source : Gallica

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