Paul Bourget,
Revue des Deux Mondes
“ Une mauvaise lettre d’un de mes amis, qui n’est pas bien, et qui est seul à Nice... Je vais le rejoindre et je pars demain... — Vous partez ?... demanda-t-elle d’une voix dont elle ne put dominer le tremblement. Elle m’aurait juré qu’elle m’aimait que ce serment n’aurait pas valu cet aveu de son accent étouffé, où passait la palpitation soudaine de son jeune cœur. Les grandes feuilles des palmiers emmêlés en voûte au-dessus de nos têtes se choquaient lentement, paisiblement. Le soleil, glissant au travers, tissait sous nos pieds comme une dentelle mouvante de lumière et d’ombre. ”
