Robert de Souza, La poésie pure (1926)
“ Simple harmonie et nouée au sens dans la prose, cette musique verbale devient, dès qu'elle s'est imposée au poète, une véritable incantation. « Magie suggestive », disait Baudelaire, sans prendre garde que le pouvoir de suggérer, d'évoquer, s'adresse exclusivement à nos facultés de surface, appartient à la prose pure. Contagion, ou rayonnement, dirais-je, voire création ou transformation magique, par où nous revêtons, non pas d'abord les idées ou les sentiments du poète, mais l'état d'âme qui l'a fait poète : cette expérience confuse, massive, inaccessible à la conscience distincte. ”
