Robert de Souza

Résumé

Robert de Souza La poésie pure (1926)

Simple harmonie et nouée au sens dans la prose, cette musique verbale devient, dès qu'elle s'est imposée au poète, une véritable incantation.
« Magie suggestive », disait Baudelaire, sans prendre garde que le pouvoir de suggérer, d'évoquer, s'adresse exclusivement à nos facultés de surface, appartient à la prose pure. Contagion, ou rayonnement, dirais-je, voire création ou transformation magique, par où nous revêtons, non pas d'abord les idées ou les sentiments du poète, mais l'état d'âme qui l'a fait poète : cette expérience
confuse, massive, inaccessible à la conscience distincte.
Source : Gallica

Robert de Souza La poésie pure (1926)

Les uns se noient dans leur inconscient comme si le réel n'était que ténèbres ; les autres le nient à ne pas le voir d'un regard qui se croit lucide, et qui s'aveugle à fixer le vide. La nuit, des deux côtés, est aussi grande que né pénètre pas l'« éclair » qui enfonce le conscient dans l'inconscient, qui rend l'inconscient conscient.
Nous ne retrouverons pas la poésie sans cet éternel mysticisme où s'opère la synthèse de l'être et des choses. C'est à méditer sur cette évidence que nous a conviés M. l'abbé Bremond. Qu'il y ait associé la mystique religieuse, cela ne peut gêner personne.
Source : Gallica

Robert de Souza La poésie pure (1926)

Pas une qui puisse naître sans que la fée se penche sur son berceau : sans que l'Intuition aux traits voilés se confonde avec l'air qu'on respire, avec le souffle le moins exprimable de l'âme ! Ainsi les savants ne contesteraient plus qu'une mystique préside à tout enfantement, que le sentiment est l'initiateur, même le fécondateur, de toute conception, — et c'est alors que le triomphe en pourrait être si grand pour la poésie, sans laquelle aucune mystique n'existerait, qu'au nom de la raison il lui serait refusé l'ineffable puissance de cette infinitude !
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature