Résumé

Jacques Testu La Deffense du poëme heroïque… (1674)

Toutefois dans les chants des grecs & des Latins, On ne voit que des Dieux esclaves des destins : Mais en chantant un Dieu de puissance infinie, Il n'est rien que n'embrasse un sublime genie. Tout luy semble soumis : il semble qu'en ses mains Est remis le pouvoir de l'Autheur des humains.
PHILENE.
Quoy ? des esprits sans loy, brulans de jalousie, Pretendroient sous leurs loix fouler la Poësie, Sapper les fondemens des heroïques vers, Nous deffendre d'ouvrir les Cieux & les Enfers,
Bannir nos veritez, qui sont toute leur haine, Et nos chants dont l'éclat confond leur foible veine ?
Source : Gallica

Jacques Testu La Deffense du poëme heroïque… (1674)

Mais toujours le mensonge offense un saint mystere ; Et toujours dans les vers la fable est necessaire.
PHILENE.
O le sage, ô le saint, ô le respectueux !! Qu'il craint bien du vray Dieu le nom majestueux ! Il le bannit des vers ; & souvent il le jure, Mesme ne pensant pas s'il luy fait une injure. Voy d'un tel jugement le miserable fonds, Qui ne peut distinguer ce que tu nous confonds. Le mensonge est honteux, mais la veine pompeuse A le droit d'enfanter la fiction heureuse,
Qui souvent donne auvray les charmes les plus grands.
Source : Gallica

Jacques Testu La Deffense du poëme heroïque… (1674)

C'est là ce Dieu vivant, de qui l'eternité, Le pouvoir la sagesse, & l'estre, & la bonté, Nous furent enseignez par récit veritable, Qui seul peut à nos chants donner le vray-semblable : Et non les spectres vains des ridicules Dieux, Que follement on feint comme habitans des Cieux, Et dont l'Antiquité, chimerique, & honteuse, A fait les fondemens de sa fable menteuse.
La simple vérité doit avoir plus d'amans, Que le traistre mensonge avec ses ornemens ; Et l'on doit bien souffrir que nos veritez saintes Découvrent leurs beautez sous des images feintes.
Source : Gallica

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