Résumé

Molière jugé par ses contemporains… (1877)

Molière est mort, plusieurs le pleurent, et s'il vivoit, ils luy porteroient envie. Il est mort, ce grand reformateur de tout le genre humain ; ce peintre des mœurs, cet introducteur des Plaisirs, des Ris et des Jeux; ce frondeur des vices, ce redoutable fléau de tous les Turlupins, et pour tout renfermer en un seul mot, ce Mome de la terre, qui en a si souvent diverty les Dieux. Je ne puis songer à ce trépas sans faire éclater mes sanglots. Je voy bien toutefois que vous attendez autre chose de moy que des soûpirs et des larmes; mais le moyen de s'empescher d'en répandre un torrent !
Source : Gallica

Molière jugé par ses contemporains… (1877)

MOLIERE, à part.
Je vous confondray dans peu, superbes imposteurs.
TROISIEME MEDECIN.
Il s'est mesme déja glissé jusques dans ces lieux une médisance secrette qui nous regarde. Tous les morts semblent se liguer contre nous ; il leur échappe des satyres piquantes, et des injures calomnieuses contre les medecins ; et nous venons icy, grand monarque, vous remontrer humblement, de la part de nostre illustre corps,
de quelle importance il est pour l'accroissement de vostre empire, que vous réprimiez l'audace et l'insolence de tous ces morts.
Source : Gallica

Molière jugé par ses contemporains… (1877)

La galanterie n'est pas la seule science qu'on apprend à l'Ecole de Moliere, on apprend aussi les maximes les plus ordinaires du libertinage, contre les véritables sentimens de la religion, quoi qu'en veuillent dire les ennemis de la bigoterie, et nous pouvons assurer que son Tartuffe est une des moins dangereuses pour nous mener à l'irréligion, dont les semences sont répandues d'une maniere si fine et si cachée dans la pluspart de ses autres pieces, qu'on peut assurer qu'il est infiniment plus difficile de s'en défendre que de celle où il jouë pesle et mesle bigots et dévots, le masque levé.
Source : Gallica

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