Résumé

Tricentenaire de Molière : recueil des discours prononcés à l'occasion des fêtes du troisième centenaire de Molière… (1923)

D'autres marques encore du génie de Molière, et semble-t-il aussi du génie de la race française, ce sont le goût et la mesure.
Mais d'ailleurs, malgré cette vue désenchantée sur l'humanité, nul pessimisme. Au contraire, répandue sur tout ce théâtre, une gaîté jamais tarie. C'est un rire éclatant, qui de scène en scène, d'acte en acte, se répercute en échos sonores, le rire, qui est le propre des hommes que la vie n'effraie pas, qui est indice de santé morale, de force morale, le signe d'une justesse d'esprit qui saisit les ridicules, les travers, et s'en divertit plutôt que de s'en indigner.
Source : Gallica

Tricentenaire de Molière : recueil des discours prononcés à l'occasion des fêtes du troisième centenaire de Molière… (1923)

N'en doutons pas, Messieurs! Si nous adorons Molière, et si vous l'aimez tant, vous que la culture française attire, charme et retient, c'est parce qu'il a su mettre dans ses écrits la mousse légère des petits vins qu'on récoltait de son temps sur les coteaux de Suresnes ou d'Argenteuil; c'est parce qu'il a fixé ce qu'il y a peut-être de plus insaisissable au monde, la grâce et le bon ton, l'art délicat et nuancé de la conversation, qu'on appelait de son temps l'esprit des ruelles, et que nous nommons aujourd'hui l'esprit boulevardier.
Source : Gallica

Tricentenaire de Molière : recueil des discours prononcés à l'occasion des fêtes du troisième centenaire de Molière… (1923)

C'est la gaîté de Molière, en effet, gaîté si com-municative et toujours jeune, qui a surtout triomphé des résistances, fondées sur l'incompréhension ou subordonnées à de médiocres intérêts. Molière, c'est le sourire de la France, sourire demi-railleur et demi-indulgent. Il n'y a jamais d'arrière-pensée fâcheuse dans la façon plaisante dont il use pour marquer sa surprise amusée devant les ridicules humains. Si Molière a été accepté et comme adopté dans tant de nations étrangères, c'est parce qu'il est gai, parce qu'il a l'observation narquoise et saine et l'entrain de la vie.
Source : Gallica

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