Théodore Hannon

Élements biographiques

Portrait de Théodore Hannon Théodore Hannon Rimes de joie (1881)

Absinthe, viens à nous dans l’infini des spleens !
L’œil mystique des chats dans ses profondeurs cèle,
Parmi les sables d’or ta discrète étincelle,
Absinthe, viens à nous dans l’infini des spleens !
Les femmes t’ont nommée « un poison »... Calomnie !
Par toi qui fut tué ? — Le Chagrin. — Sois bénie !
Absinthe, viens à nous dans l’infini des spleens !
La lèvre aimée est fade auprès de ta salive
Quand se tord notre langue à ta morsure olive,
Absinthe, viens à nous dans l’infini des spleens !
Source : Wikisource

Portrait de Théodore Hannon Théodore Hannon Les treize sonnets du doigt dedans

Ce n’est point l’onction de tes lèvres si fermes
Qui s’ouvrent sous ma dent, juteuses comme un fruit.
Ni l’ardente moiteur des pulpes au doux bruit,
Ni la gloire des poils ébouriffant les dermes.
Non ! hier j’ai cru voir (et mon rêve fut tel
D’en garder à jamais l’étrenne à mes moustaches !)
Tes linges étoilés d’imperceptibles taches...
Or, comme l’époux neuf que l’on mène à l’autel
Le front enguirlandé d’orangeades en branches,
Je veux couronner, moi, mon gland d’or de fleurs blanches !
Source : Wikisource

Portrait de Théodore Hannon Théodore Hannon Au clair de la dune

La mer hausse la voix, le flot désattiédi
Se roule plus bruyant sur le sable plus blême.
Dans la brise en rumeur la mouette élargit
Les cercles de son vol qui s'élève ou qui rampe,
Et les drapeaux, heureux de souffleter leur hampe,
Claquent dans le vent qui par les tuiles mugit.
82
Ce vent, grand retrousseur de filles, sur la digue
S'amuse... Son haleine indiscrète en soufflant
Plaque l'étoffe et moule et torse et rable et flanc.
Il moule, et lors devient sculpteur, sculpteur prodigue,
Il moule, et nous pouvons nous payer, éblouis,
Des Tanagra de chair—et vivants—un louis!
Source : Gutenberg

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature