Théodore Hannon

Théodore Hannon

Résumé

Portrait de Théodore Hannon Théodore Hannon Rimes de joie (1881)

Absinthe, viens à nous dans l’infini des spleens !
L’œil mystique des chats dans ses profondeurs cèle,
Parmi les sables d’or ta discrète étincelle,
Absinthe, viens à nous dans l’infini des spleens !
Les femmes t’ont nommée « un poison »... Calomnie !
Par toi qui fut tué ? — Le Chagrin. — Sois bénie !
Absinthe, viens à nous dans l’infini des spleens !
La lèvre aimée est fade auprès de ta salive
Quand se tord notre langue à ta morsure olive,
Absinthe, viens à nous dans l’infini des spleens !
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Portrait de Théodore Hannon Théodore Hannon Rimes de joie (1881)

Tes yeux d’une sombreur étrange,
Et sur ton front la poudre orange
Étalait un soleil couchant.
Ô nonpareille saltimbanque,
Ayant de l’or aux brodequins
Et, sur le chignon, des sequins,
À faire sauter une banque.
Dans la ravine de tes seins,
Pour mettre mes sens en défaite,
Du Kananga toujours en fête
Tapageaient les souffles malsains.
— C’est ainsi que mes spleens d’artiste
Et ma bizarre passion
Souhaitent ta possession,
Par un ciel d’hiver, doux et triste,
Un ciel d’ocre, barré de gris,
D’où va choir la neige têtue...
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Portrait de Théodore Hannon Théodore Hannon Rimes de joie (1881)

Je m’avance, les yeux fermés,
Et crois encor sous le ciel d’encre
Être blotti dans ton chignon,
Au creux de tes seins, port mignon
Où mes désirs ont jeté l’ancre.

Bandeau de début de chapitre
Offertoire
l était nuit. La mer en grand deuil célébrait
La mort du jour. Le chœur des frigides ténèbres
Descendait du ciel triste et noir qui s’éclairait
D’étoiles, clous d’acier de ces dômes funèbres.
Un vent morne courbait au loin les flots grandis ;
L’océan larmoyait des hymnes mortuaires,
Orgue géant qui râle un lent De Profundis,
Et la vague semblait agiter des suaires...
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