Charles-Théophile Féret

Charles-Théophile Féret

Résumé

Portrait de Charles-Théophile Féret Charles-Théophile Féret Le Bourdeau des neuf pucelles

MARTEAU DE PORTE
Le dos tourné, grassette et ronde, le crin roux,
La petite servante, avec un branle doux
Qui fait rouler sa croupe et danser ses genoux,
Frotte, à l’huis, le marteau dont je me sens jaloux.
C’est un petit serpent en figure de guivre.
Il s’éclaire, amoureux de la main qui délivre
Le rayon endormi dans son âme de cuivre,
Et l’on sent qu’en ces doigts de rose il voudrait vivre.
Symbole du désir qui n’en vient pas au fait,
Cependant qu’il demeure, amant insatisfait,
A heurter comme on dit la porte du buffet,
Je regarde la belle main qui le maltraite
Et le choie
Source : Gutenberg

Portrait de Charles-Théophile Féret Charles-Théophile Féret Le Bourdeau des neuf pucelles

Peintre, on voit sur ton lit deux coulombs s’épouser.
Plutôt, d’un ton cruel charge l’aile bleuâtre
D’un corbeau qui te creuse avec son bec rusé.
NUIT DE VICTOIRE
Du Vieux peintre avec son modèle
L’aurore s’étonnait que ruisselle un crin fauve
Près de mon poil chenu sur le même oreiller.
Or, Vénus qui me tint cette nuit éveillé
Au quatorzième lustre a fleuri mon front chauve.
Ma vigueur a goûté, des défaillances sauve,
Aprement cet amour, peut être le dernier !
J’ai bu le sang des dieux sur un corps printanier.
Qui sent la rose et fait un verger de l’alcôve.
Source : Gutenberg

Portrait de Charles-Théophile Féret Charles-Théophile Féret Le Bourdeau des neuf pucelles

Jouir comme Rire est le propre de l’homme. J’ai ri et me suis amusé dans ce livre, où je n’ai offensé que des Mythes, mais indestructibles. Parce que l’œuvre de Claude a été réduite en cendres, et parce que les feuilles de son manuscrit ont été dispersées, je lui ai donné la consolation posthume d’en remettre au moins le titre en lumière, le titre que j’ai considéré comme un legs.
Source : Gutenberg

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