Tristan Corbière

Définition et enjeux

Portrait de Tristan Corbière Tristan Corbière Les Amours jaunes (1873, préface de 1911)

Transportées à Paris, elles n’intéressèrent que quelques artistes amis du pittoresque et, quand Tristan Corbière, dans les derniers mois de 1873, s’avisa de publier chez les frères Glady son premier et unique recueil de vers, les Amours Jaunes, le livre, malgré le tire-l’œil du titre, passa totalement inaperçu. Corbière mourut peu après ; les Glady déposèrent leur bilan et tout parut consommé : le soleil des morts fut seul à se pencher, pendant huit longues années, sur cette ombre douloureuse et grimaçante comme les gargouilles de nos cathédrales.
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Portrait de Tristan Corbière Tristan Corbière Les Poètes du terroir

Il ne se fit guère illusion sur son sort et alla mourir à Morlaix le 1er mars 1875.
On a défini l’art de Tristan Corbière : « Pas de la poésie et pas du vers, à peine de la littérature — un métier sans intérèt plastique ; — l’intérêt est dans le cinglé, la pointe sèche, le calembour, la fringance, le haché romantique... »
Il aima la mer passionnément, ainsi que les siens l’avaient aimée, et la chanta en une forme åpre, violente, ironique, le plus souvent amère. Son vers se ressent du caprice des flots, du gros temps et de la tempète qu’il éprouva souvent au large de Roscoff
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Portrait de Remy de Gourmont Remy de Gourmont Le Livre des masques

Parmi les vers jamais ordinaires des Amours jaunes, il y en a beaucoup de très déplaisants et beaucoup d'admirables, mais admirables avec un air si équivoque, si spécieux, qu'on ne les goûte pas toujours à une première rencontre; ensuite on juge que Tristan Corbière est, comme Laforgue, un peu son disciple, l'un de ces talents inclassables et indéniables qui sont dans l'histoire des littératures, d'étranges et précieuses exceptions,—singulières même en une galerie de singularités.
Source : Gutenberg

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