P. Banet-Rivet, Revue des Deux Mondes
“ Les peuples jaunes, par suite de leur mentalité spéciale qui les entraîne, — leur écriture en est une preuve, — vers la représentation du monde extérieur par l’image et non par le son, raffolent des ombres. ”
P. Banet-Rivet, Revue des Deux Mondes
“ Les peuples jaunes, par suite de leur mentalité spéciale qui les entraîne, — leur écriture en est une preuve, — vers la représentation du monde extérieur par l’image et non par le son, raffolent des ombres. ”
Jean Jaurès,
Histoire socialiste de la France contemporaine
“ Lorsqu’il a organisé la misère et la mort dans son propre pays, le capitaliste court aux plages les plus lointaines porter l’ivrognerie, le vol, le brigandage et l’assassinat. Après la traite des noirs, la traite des jaunes. Il a fait de la race blanche un légitime objet d’exécration pour les quatre cinquièmes du genre humain. ”
André Duboscq, Le Pacifique et la rencontre des races
“ Si nous essayons, pour finir, de concentrer notre pensée sur le phénomène psychologique et physique de la rencontre des jaunes et des blancs, indépendamment des peuples qui le provoquent et des circonstances historiques qui en ont marqué les étapes, nous sommes d’abord frappé par l’opposition des deux races. ”
Francis Jammes,
De l’Angélus de l’aube à l’Angélus du soir
“ Cette pipe me fait songer que dans la rue et dans les jardins publics pleins de moineaux, de petits pains brisés dans la boue, de jets d’eau, on rencontre de bonnes négresses en foulards jaunes. Elles sont douces et tristes comme les mois de l’Automne. Elles sont l’esclavage d’autrefois. L’esclavage... ”
André Duboscq, Le Pacifique et la rencontre des races
“ Les Américains ne connaissent pas que la question des jaunes, ils connaissent aussi celle des noirs ; mais la première, nous l’avons vu, est autrement plus grave, à leurs yeux, que la seconde. Les jaunes, quoique bien moins nombreux que les noirs, sont beaucoup plus remuants, plus ingénieux, plus fins, et c’est évidemment à eux qu’ils pensent lorsqu’ils évoquent le danger des peuples de couleur. ”
Collectif, Encyclopédie anarchiste
“ Pour lui, jaunes, noirs ou blancs ont un intérêt évident à l’entraide et ne peuvent, dans les haines, les hostilités et les guerres, que favoriser les tyrans et réduire leur part individuelle de bien-être et de joie. ”
Benjamin Sulte,
Historiettes et fantaisies
“ Nous dépensons trop ; nous avons des exigences ruineuses. Oui, c’est cela, la lutte va se faire entre notre civilisation et celle des races jaunes. Si l’Amérique admet ces dernières il est facile de voir que nous serons écrasés. ”
Andrée Viollis,
Le racisme hitlérien : machine de guerre contre la France
“ Chaque jour des groupes de six cents esclaves, hommes et femmes de tous les âges, depuis quatorze jusqu’à soixante-dix ans, la tête uniformément rasée, vêtus de loques où sont cousues les cinq étoiles jaunes obligatoires, sont conduits sur le lieu du travail : mines à ciel ouvert, voies de chemin de fer ou routes à construire. ”
J.-H. Rosny aîné,
La Vague rouge
“ Une société résulte d’une multitude d’instincts, de désirs, de luttes, de tâtonnements, de travaux ; elle est l’œuvre de cent générations ; elle a dû lutter contre des fatalités intérieures et extérieures si nombreuses, que personne ne peut s’en faire une idée... Les révolutionnaires écoutaient d’un air de tolérance dédaigneuse. Les jaunes constataient, avec dépit, la voix sèche de l’orateur et son débit saccadé. François, la tête brûlante, en proie à une agitation dont il démêlait mal la cause, crut pouvoir quitter la salle pendant une demi-heure. ”
Charles Dickens,
Les Papiers posthumes du Pickwick Club
“ Nous déclarons hardiment, maintenant que nous sommes provoqué à tout dire, et nous nous plaçons en conséquence sous la sauvegarde de notre pays et de ses constables, nous déclarons hardiment qu’on fait, en ce moment même, des préparatifs pour un bal jaune, qui sera donné dans une ville jaune, au centre même d’une population jaune, qui sera dirigé par un maître des cérémonies jaune, où assisteront quatre membres du parlement ultra-jaunes, et où l’on ne sera admis qu’avec des billets jaunes ! Notre infernal contemporain frissonne-t-il ? ”
J.-H. Rosny aîné,
La Vague rouge
“ Avant-hier, vous vous êtes dressé contre les vôtres parce qu’ils transgressaient un engagement, mais l’expulsion des jaunes est selon votre code. Comment vivre aux côtés d’un homme que sa conscience même empêcherait de me protéger ? ”
Anatole France,
Sur la pierre blanche
“ Aujourd'hui encore les blancs ne communiquent avec les noirs ou les jaunes que pour les asservir ou les massacrer. Les peuples que nous appelons barbares ne nous connaissent encore que par nos crimes. ”
Anatole France,
Pierre Nozière
“ Elle cueille les sombres épis de l'herbe à lait et des crêtes de coq, qui sont des crêtes jaunes, et des becs de grue roses et le lys des vallées, dont les blanches clochettes, agitées au moindre souffle, répandent une odeur délicieuse. Catherine aime les fleurs parce que les fleurs sont belles; elle les aime aussi parce qu'elles sont des parures. ”
Ernest Pérochon, Les Hommes frénétiques
“ En face, se dressait le bloc inquiétant des peuples jaunes. Ceux-ci, la science, comme le coup de baguette d’une fée, les avait tirés d’un long engourdissement. Le réveil avait été prodigieux. Leurs savants égalaient en réputation les savants d’Europe et d’Amérique ; leurs industriels, leurs commerçants, leurs banquiers envahissaient tous les marchés du globe ; en même temps, une renaissance artistique sans précédent coïncidait chez eux avec une dépravation morale qui étonnait le vieux monde. ”
Léon Silbermann, Souvenirs de campagne par le Soldat Silbermann
“ Voyez les noirs ou les jaunes d'ici et d'ailleurs que les civilisés appellent « les sauvages ». Vos Européens feraient bien de les imiter. Une famille devient-elle pauvre au point de ne plus pouvoir se nourrir ? ”
Giuseppe Ferrari, La Chine et l'Europe : leur histoire et leurs traditions comparées (1867)
“ On ne peut dire s'il y en a quatre, six ou quinze, les deux grandes races des peuples jaunes et blancs sont les seules prédominantes, mais toutes sont filles de la terre, enchaînées à leur climat par la magie de l'instinct, et dans l'impossibilité de se déplacer sans se dénaturer complètement. CHAPITRE V LA GUERRE DES RACES Les blancs visent à exterminer les autres races. — C'est là le premier mouvement du cœur. — C'est aussi le dernier résultat de la réflexion, — d'après les idées de la propagande chrétienne - témoin Las Casas ”
Carlo Rossi, Civitavecchia, cimetière pour les vivants (1935)
“ Dans les luttes quotidiennes pour le pain et la liberté, pour un avenir meilleur, dans les grèves et les manifestations, dans l'activité clandestine, dans les soulèvements et les révoltes, nos combattants les plus conscients et les plus dévoués tombent pour la cause de l'Humanité. ”
Eugène Sue,
Les Mystères du peuple
“ Nos gens de la vallée, malgré leur résistance héroïque, seront écrasés... Cependant, voyons! croyez-vous que les populations voisines, si hébétées, si craintives qu'elles soient devenues, resteront impassibles lorsqu'elles auront vu des hommes de leur race, défendant leur liberté, se faire exterminer jusqu'au dernier? Savez-vous que l'horreur de la conquête, la haine de la servitude, l'excès de la misère, ont souvent poussé à d'indomptables révoltes des peuples encore plus abâtardis que le nôtre! ”
Anatole France,
Les Désirs de Jean Servien
“ « Jeune citoyen, orgueil de ta mère, ornement des promenades publiques, espoir de la Commune, je t’adresse les paroles du proscrit et je dis : Jeune citoyen, le 18 mars t’a sauvé de l’esclavage. Tu graveras dans ton cœur cette date immortelle. « Je dis : Nous avons souffert et combattu pour toi. Fils des désespérés, tu seras un homme libre ! » ”
Antoine-François Arbousse-Bastide, Le relèvement de la France : discours prononcé à Versailles (1872)
“ Il est bien question de grèves sous le régime de la fraternité ! Les ouvriers — 25 — savent que le patron ne les exploite pas, que leurs intérêts lui sont aussi chers que les siens. Et cet esprit nouveau d'une société nouvelle gagne le voisinage. Il s'étend de ville en ville et de village en village, et au passage de cette bienheureuse épidémie se fondent les préventions, les égoïsmes, les orgueils, les cupidités, les convoitises, les haines, les rancunes et les projets de vengeance de caste à. caste et de peuple à peuple. La sainte contagion abaisse et dépasse les frontières. ”
Henri Planet, Petites lettres à la Montagne (1870)
“ L'insurrection, comme la grève et plus que la grève, a fait tomber en haillons la veste de travail, et le sang qui les a teints les a rendus hideux. Traîné dans la rue, obéissant à la haine de son coeur ou au despotisme de ses maîtres en revendication, égaré par l'ivresse du vin ou de la poudre, l'ouvrier passe en un instant de la rage au crime et du crime au désespoir. ”
Marie-Anne de Bovet,
Après le divorce
“ La patrie bourgeoise, une marâtre, à qui vous ne devez dévouement ni obéissance... Quand on vous enverra à la frontière pour massacrer vos frères en humanité, vous répondrez par la grève, par l'insurrection... ”
Charles de Mazade,
Revue des Deux Mondes
“ « Le poids le plus insupportable pour toi, ce sera la société mauvaise et désunie avec laquelle tu tomberas dans la vallée de l’exil. Cette société, pleine d’ingratitude, de déraison et d’impiété, se tournera contre toi... » Chaque révolution, disais-je, a eu son alluvion d’émigration. ”
George Sand,
Correspondance 1812-1876
“ Cette réaction nous fait à son tour une petite terreur dans le goût de 1815. Le socialisme, la montagne, l’armée, le peuple, tout gronde contre elle, même les modérés, même une partie de la bourgeoisie. On n’attend plus que le réveil et le désabusement du paysan pour souffler sur cette force dérisoire. Et alors, si jusque-là nous avons le bonheur de résister aux provocations, si nous avons la force et la vertu de subir pour un temps les persécutions et la misère, nous n’aurons plus besoin de cette arme impuissante et dangereuse de la terreur. ”
Saint-Marc Girardin,
Souvenirs et réflexions politiques d'un journaliste…
(1859)
“ Pour les amis de la révolution de Juillet, la lecture des Souvenirs est singulièrement triste et pénible. Au lieu d'une grande révolution que fait le peuple au nom des lois et les armes à la main, au lieu d'une lutte de trois jours, que trouvons-nous dans ce livre? une agitation sans grandeur et sans force, des gens qui rédigent des protestations qu'ils gardent dans leur poche, qui négocient avec les uns et avec les autres, qui regardent si leurs collègues sont plus ou moins pâles, qui cherchent à devenir des personnages, qui croient tout faire et tout conduire. ”
Décalogue ou dynamite. Avis aux bourgeois sans Dieu… (1891)
“ Que ferez-vous donc le jour de la grève générale des bouilleurs, alors que le charbon faisant défaut, les chemins de fer, les travaux de toute espèce s'arrêteront. Les ouvriers, par centaines de mille, crieront : Mort aux bourgeois ! Les femmes, les enfants demanderont du pain. Les rues, les places publiques seront encombrées de multitudes furieuses, avinées, ne respirant que pillage et carnage. Ce jour-là, que feront vos soldats ? Tireront-ils dans le tas? Ce sera une horrible boucherie. Le sang appellera le feu; le canon, la dynamite. ”
Hippolyte Taine,
Voyage aux Pyrénées
“ Les gens qui sortaient des guerres civiles et de la demi-barbarie pensaient aux famines, aux longues traites à cheval sous la pluie et dans la neige, au mauvais pain noir mêlé de paille, aux hôtelleries boueuses, empestées de vermine. Ils étaient las de la barbarie, comme nous sommes las de la civilisation. Aujourd’hui les rues sont si propres, les gendarmes si abondants, les maisons si bien alignées, les mœurs si paisibles, les événements si petits et si bien prévus, qu’on aime la grandeur et l’imprévu. ”
Charles de Mazade,
Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 14 septembre 1870
“ On y a semé, par-dessus toutes choses, des sentimens de crainte et de colère aveugles à l’égard des hommes qui forment le parti qu’on appelle ici l’opposition, et que les paysans nomment les blancs et les rouges. Les premiers ont hérité des haines qu’inspiraient autrefois les émigrés, et les autres, contre lesquels la défiance n’est pas moindre, sont accusés de vouloir sacrifier le bonheur et la tranquillité du peuple à l’exécution de projets chimériques et sanguinaires. ”
“ À peine de maigres rassemblements ! des gouttes de pluie sur la tête, de la boue sous les pieds, — les affiches blanches sont claires dans le sombre du temps, et crèvent, comme d’une lueur, la brume grise. Elles paraissent seules vivantes en face de ces visages morts ! Les déchire-t-on ? hurle-t-on ? Non. Les gens lisent les proclamations de Napoléon, les mains dans leurs poches, sans fureur ! Oh ! si le pain était augmenté d’un sou, il y aurait plus de bruit !... Les pauvres ont-ils tort ou raison ? ”
Charles-Aimé Dauban, La démagogie en 1793 à Paris, ou Histoire… (1868)
“ Ces déclamations, fanfares belliqueuses et retentissantes, faisaient courir de ville en ville, de village en village, jusqu'aux extrémités de la France, comme un frisson patriotique. Dans les crises décisives, sans ces puissants agitateurs capables d'enflammer tout un peuple, le peuple se lèverait-il de lui-même et feraitil les efforts qui seuls peuvent le sauver? ”
Ernest Daudet,
Revue des Deux Mondes
“ Dans la population qui avait pris part à la révolution, dans la garde nationale, dont cette population remplissait les rangs, les cœurs frémissaient encore de la colère qu’avaient soulevée les ordonnances de juillet, des périls qu’avait semés partout la lutte, des sacrifices douloureux qu’avait coûtés la victoire, et l’on se demandait si le droit violé et le sang versé resteraient sans expiation. ”
Prosper-Olivier Lissagaray,
La Vision de Versailles
“ Tout ce qui respire pour la France, pour la liberté, pour l’humanité, est fusillé, transporté, poursuivi. La province proteste par ses élections et ses journaux. Vous poursuivez la presse, vous arrêtez les patriotes de la province, et si vous l’osiez, vous renouvelleriez dans les grandes villes les massacres de Paris. ”
Rosalie Jullien,
Journal d'une bourgeoise pendant la Révolution…
(1881)
“ Mon cher Jules, l'étonnante nouvelle 1 Une seconde révolution, aussi miraculeuse que celle qui a vu prendre la Bastille ; mais qui nous coûte du sang et qui nous tient depuis vingt-quatre heures dans une espèce de frénésie, mêlée de joie, de désespoir, de douleur et de rage. La nuit d'hier a fait retentir dans Paris l'horrible son du tocsin, la générale, les cris aux armes, et a présenté toutes les horreurs d'un commencement de guerre civile. Le jour adoucit nos maux, calme nos frayeurs. ”
Jules Sandeau,
Revue des Deux Mondes
“ Le sol était miné, l’horizon chargé de tempêtes : l’hydre des révolutions redressait ses sept têtes ; le cri, guerre aux châteaux ! allait retentir d’un instant à l’autre ; le peuple et la bourgeoisie, comme deux hyènes dévorantes, n’attendaient qu’un signal pour se ruer sur la noblesse sans défense, se gorger de son sang et se partager ses dépouilles. ”
Pierre Maël, La filleule de Du Guesclin (1914)
“ L'exécration populaire était parvenue à son comble, et le peuple ne demandait qu'à marcher en masse contre les oppresseurs. Dans les villes comme dans les bourgs, dans les hôtels comme dans les chaumières, une colère couvait dans l'ombre. Des poings robustes se serraient, des mains se crispaient, frémissantes, sur les manches des fourches, des faux, des pics. Des gars s'assemblaient dans les forêts, taillant aux arbres des pen-bas qu'ils cerclaient de fer pour se préparer au combat. ”
Élisée Reclus,
Évolution et Révolution
“ Le renvoi d’un ouvrier, une grève locale, un massacre fortuit, peuvent être la cause de la révolution, de même qu’une simple étincelle peut allumer une poudrière. C’est que le sentiment de solidarité gagne de plus en plus et que toute secousse locale tend à ébranler l’Humanité. ”
George Sand,
Souvenirs de 1848
“ Elles ont égaré, abaissé, gâté, abruti en quelque sorte l’espèce humaine. Elles ont fait entrer la peur, la méfiance, la haine, l’insulte, la menace, dans les mœurs des populations les plus calmes par tempérament et les mieux disposées au début de la Révolution. ”
“ Dans cette population, détraquée par des mois d’angoisse et de famine, tombée désormais à une oisiveté pleine de cauchemars, ravagée de soupçons, devant les fantômes qu’elle se créait, l’insurrection poussait ainsi naturellement, s’organisait au plein jour. ”
Émile Faguet,
En lisant Nietzsche
“ Dans d’autres pays, où les mêmes, se sentant le nombre et sachant que, s’il y a union, le nombre est une force, la plèbe a pesé sur l’élite par son poids même et organisant la grève agricole, la grève industrielle, ou la grève militaire, profitant des insuccès de la race supérieure, etc., elle est entrée dans la cité et le gouvernement de la cité et a comme noyé en elle la race supérieure ”
“ Eh quoi ! les rebelles sont donc les habitans des campagnes, l'homme de ville, le laboureur à la charue, l'homme qui se lave lui-même ses pieds. Le ciel en courroux fondra sur vous, malheureux ! et lorsque vos propriétés seront détruites, et vos champs ravagés, les villes dévastées, et vos toits brûlés, le laboureur travaillera pour lui, et vous manquerez de pain. L'homme qui se lave les pieds lui-même, portera ses mains à la rivière ”
