P. Banet-Rivet

Élements biographiques

P. Banet-Rivet,  Revue des Deux Mondes

“ Nous sommes seuls maintenant avec la lune, dans l’immensité, et la lune a l’air d’un ballon qui voyage en face de nous ; et notre ballon qui reluit a l’air d’une l’une plus grosse que l’autre, d’un monde errant au milieu du ciel, au milieu des astres, dans l’étendue infinie. Nous ne parlons plus, nous ne vivons plus, nous ne pensons plus ; nous allons délicieusement inertes, à travers l’espace. L’air qui nous porte a fait de nous des êtres qui lui ressemblent, des êtres muets, joyeux et fous, grisés par cette envolée prodigieuse, étrangement alertes, bien qu’immobiles. ”
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P. Banet-Rivet,  Revue des Deux Mondes

“ Nous prétendons même que l’essor d’un ballon, mieux que l’envolée d’un dirigeable ou d’un aéroplane, saisira toujours l’esprit du plus savant comme du plus ignorant. Cette ascension directe, rapide, sans limites, l’altitudine, qui n’a pas, mais semble avoir pour but les régions inconnues de l’éther, aura toujours l’attrait mystérieux d’une vigoureuse protestation contre la tyrannie de la pesanteur qui semblait river à jamais l’humanité à la surface de la planète.
Nous ne voyons pas les aéroplanes inspirer jamais des sensations pareilles. Leur vol n’a rien de séduisant.
”
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P. Banet-Rivet,  À tire-d’aile

“ D’un autre côté, si le marin a certes besoin de connaître le vent, les courans, combien plus que lui l’aviateur qui, avec sa machine, n’est guère qu’un fétu que le moindre vent peut balayer ! Or l’homme qui monte le ballon libre n’a pas d’autre moteur que le vent : il est donc obligé de l’étudier dans ses causes et dans ses effets. Sans doute le vent demeurera toujours une boîte à surprises. Mais dans le ballon libre, on a tout le loisir de regarder ce qu’il y a au fond de cette boîte, tandis qu’eu aéroplane, le temps manque absolument pour discuter avec le vent et avec soi-même. ”
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