Léon Silbermann, Souvenirs de campagne par le Soldat Silbermann
“ A l'ambulance de Dogba, un pénible spectacle s'offrit à mes yeux. Des malades, tous provenant de la colonne, et dont plusieurs ressemblaient à des spectres, étaient couchés sur des brancards. Les uns se tordaient ; les autres criaient ; d'autres encore divaguaient dans leurs accès de fièvre. Quelle tristesse de trouver en cet état ces nobles victimes du devoir ! Hélas ! je devais en voir bien d'autres dans ma carrière de soldat colonial. Je me suis rappelé ces vers d'Alfred de Musset : L'homme est un apprenti, la douleur est son maître, Et nul ne se connaît tant qu'il n'a pas souffert. ”
