Tristan Corbière

Tristan Corbière

Résumé

Portrait de Tristan Corbière Tristan Corbière Les Poètes du terroir

Il ne se fit guère illusion sur son sort et alla mourir à Morlaix le 1er mars 1875.
On a défini l’art de Tristan Corbière : « Pas de la poésie et pas du vers, à peine de la littérature — un métier sans intérèt plastique ; — l’intérêt est dans le cinglé, la pointe sèche, le calembour, la fringance, le haché romantique... »
Il aima la mer passionnément, ainsi que les siens l’avaient aimée, et la chanta en une forme åpre, violente, ironique, le plus souvent amère. Son vers se ressent du caprice des flots, du gros temps et de la tempète qu’il éprouva souvent au large de Roscoff
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Portrait de Tristan Corbière Tristan Corbière Les Poètes du terroir

Fouettant les flots ras — et ça se dit sombrer.
— Sombrer. — Sondez ce mot. Votre mort est bien pâle
Et pas grand’chose à bord sous la lourde rafale...
Pas grand’chose devant le grand sourire amer
Du matelot qui lutte. — Allons donc, de la place ! —
Vieux fantôme éventé, la Mort change de face :
La Mer !...
Noyés ? — Eh ! allons donc ! Les noyés sont d’eau douce.
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Portrait de Tristan Corbière Tristan Corbière Les Poètes du terroir

Dans l’étroit cimetière où l’écho nous répond.
Pas même un saule vert qui s’effeuille à l’automne,
Pas même la chanson plaintive et monotone
D’un aveugle qui chante à l’angle d’un vieux pont.
(V. Hugo, Oceano nox.)
Eh bien, tous ces marins, — matelots, capitaines,
Dans leur grand Océan à jamais engloutis...
Partis insoucieux pour leurs courses lointaines,
Sont morts — absolument comme ils étaient partis.
Allons ! c’est leur métier ; ils sont morts dans leurs bottes :
Leur boujaron [1] au cœur, tout vifs dans leurs capotes...
— Morts... Merci : la Camarde a pas le pied marin
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