Louis Legendre

Élements biographiques

Louis Legendre Le Son d'une âme (1895)

J'avais dit : « Ma jeunesse est morte ! » Elle vient de ressusciter : Une tendresse douce et forte Emplit mon coeur sans l'agiter.
Pas une loi n'est offensée De mon nouvel attachement :
Celle vers qui va ma pensée A moi ne pense nullement.
J'aime, mais il faut qu'on l'ignore ; J'aime et je ne demande rien :
Aucun espoir ne déshonore Ce sentiment aérien.
Il n'est, ce sentiment céleste,
Mêlé d'aucun impur levain ;
Il se nourrit de ce qui reste
En moi de chaste et de divin :
Comme cette orchidée étrange Dont la racine ne va pas Chercher pâture dans la fange Et les poussières d'ici-bas
Source : Gallica

Louis Legendre Le Son d'une âme (1895)

Ne craignez pas qu'on s'émancipe ! Tenez !... Mon rêve se dissipe Comme un parfum subtil et doux !..
Pianissimo
Ne crains rien ! Mon amour viendra très doucement Expirer à tes pieds comme le flot des grèves,
Et ton bonheur sera comme un long bercement Où tu ne sauras plus si tu vis ou tu rêves.
Tu trouveras chez moi tout ce dont tu manquas,
Grand calme, longs respects, jamais d'humeur chagrine ; Avec ton coeur, j'aurai de ces soins délicats Qu'on prend pour manier un objet de vitrine.
Je connais l'instrument. Un coup d'archet brutal Ne ferait pas chanter l'âme que j'y sens prise
Source : Gallica

Louis Legendre Ce que disent les fleurs : poésies (1891)

Pour battre en brèche son pouvoir, Les Fleurs n'ont aucune Assemblée!
Sort unique !. Pour concevoir Que l'univers l'aime et l'admire, Il n'est pas besoin de la voir;
Parmi les papillons, pas un Qui puisse en réchapper son âme : L'adorer est leur sort commun!
Même cachée, on la respire, Et c'est surtout par son parfum Qu'elle étend au loin son empire !
Et les poètes qu'on acclame, En des rimes de bon aloi, L'ont chantée autant que la femme!
Source : Gallica

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