Louis Legendre, Le Son d'une âme (1895)
“ J'avais dit : « Ma jeunesse est morte ! » Elle vient de ressusciter : Une tendresse douce et forte Emplit mon coeur sans l'agiter. Pas une loi n'est offensée De mon nouvel attachement : Celle vers qui va ma pensée A moi ne pense nullement. J'aime, mais il faut qu'on l'ignore ; J'aime et je ne demande rien : Aucun espoir ne déshonore Ce sentiment aérien. Il n'est, ce sentiment céleste, Mêlé d'aucun impur levain ; Il se nourrit de ce qui reste En moi de chaste et de divin : Comme cette orchidée étrange Dont la racine ne va pas Chercher pâture dans la fange Et les poussières d'ici-bas ”
