“ Et maintenant, sachez que vous êtes prêts pour le jour de la ruine, et n’espérez point de vivre, ô pécheurs ; mais vous passerez et vous mourrez, car vous ne connaissez pas de rançon, car vous êtes prêts pour le jour du grand jugement et pour le jour de l’affliction et de la grande misère (réservées) à votre esprit. 11. Malheur à vous, au cœur épais, qui faites le mal et mangez le sang : d’où mangez-vous si bien, vous, et buvez-vous et vous rassasiez-vous? De tous les biens que le Seigneur très haut a accumulés sur la terre, aussi n’aurez-vous pas de paix. ”
Citations sur “déviance”
Gérard Walch, Anthologie des poètes français contemporains
“ Que tu tournes, marâtre, et qu’en ton vaste sein, Sous le fouet du désir stupide et de la faim, Tu nous prends et reprends, foules toujours damnées, Qu’as-tu fait pour changer notre inique destin ? Si, par hasard, feignant céder à nos tendresses, Tu sembles entr’ouvrir ton mystère fatal, C’est pour mieux nous frapper par un retour brutal. Une vengeance dort en toutes tes caresses, Et chaque mal qu’on tue engendre un nouveau mal ! ”
Eugène Sue,
Martin l’enfant trouvé ou les mémoires d’un valet de chambre
“ Oh ! alors, je tirais de la race que je poursuivais, des vengeances féroces... l’avilissement, la ruine... le suicide... le meurtre du fils par le père ;... mais bientôt la lassitude... le dégoût... m’accablaient de nouveau. ”
“ Ta pensée, offusquée dans cette défaite inégale aux dés, a perdu ton royaume, tes richesses et tes armes, tes frères et moi-même. Comment juste, doux, éloquent, rempli de pudeur, n’ayant que des paroles de vérité, a-t-il pu te naître une pensée, qu’inspirait le vice du jeu ? Mon âme en est toute jetée dans le vertige, et mon esprit en est troublé. ”
E. Beulé, Le Drame du Vésuve. — II. — Les témoins et les victimes
“ Chercher par quelles raisons les victimes dont nous signalons les restes ont été déterminées à demeurer ou à fuir, faire la part de la terreur, de la cupidité, de l’amour, du dévoûment, du désir de la vengeance, tout cela serait œuvre d’imagination pure. ”
Jean Féron,
L’homme aux deux visages
“ Il a tout perdu, c’est vrai, mais il reste les traîtres et les scélérats qui lui ont tout fait perdre. Il lui reste donc encore quelque chose : la vengeance ! Oui, voilà un but à atteindre ! Voilà un devoir à accomplir ! ”
Claude Vignon, Œuvres de Claude Vignon — Nouvelles
“ Tu cherches et ne trouves qu’un irréparable malheur. Tu t’interroges, et, loin de souhaiter d’autres victimes expiatoires, je te vois en face de mon cadavre reculer épouvanté. C’est qu’au-devant de la mort et de l’éternité, — ou du néant, — les plus terribles passions s’évanouissent... ”
Auteur : Hippolyte TaineHippolyte Taine, Revue des Deux Mondes
“ Il est tenu d’apprécier la gravité de leurs fautes et la force de leur repentir, de connaître les faits et le détail de la chute et le nombre des rechutes, les circonstances aggravantes ou atténuantes, partant, d’interroger pour sonder l’âme à fond. ”
Eugène Sue,
Les Mystères de Paris
“ Mais, faute de certitude, je n’osais pas même essayer de combattre la funeste influence de ces ressouvenirs, de t’en montrer le néant, l’injustice ; car si ton chagrin avait eu une autre cause, si le passé avait été pour toi ce qu’il doit être, un vain et mauvais songe, je risquais d’éveiller en toi les idées pénibles que je voulais détruire... — Combien vous êtes bon... combien ces craintes témoignent encore de votre ineffable tendresse ! ”
Sénèque le Jeune,
Œuvres de Sénèque le philosophe
“ À quoi bon ces violents éclats, cette vie de discorde et de trouble ? Le destin plane sur nos têtes et nous compte ces heures perdues, et de plus en plus se rapproche. Le jour que tu destines à la fin tragique d’un ennemi, peut-être est voisin de la tienne. ”
“ Si le hasard eût fait l’univers, qu’est-ce que signifieraient conscience, remords et dévouement ? Oh ! si tu peux croire, de toutes les forces de ton être, à ce Dieu qui a inventé le devoir, tes irrésolutions seront fixées. ”
Le vrai maudit. Tome 2 (1866)
“ Deux soufflets tombèrent sur mes joues... une exclamation folle frappa mon oreille; puis, rien.. . jusqu'à ce que l'intelligence des faits reparût dans mon cerveau comme une lumière soudaine. Je ne sais quel terrible frisson parcourut tous mes membres. La pensée du devoir m'abandonna, je le confesse. Le désir de la vengeance dominait mes facultés. ”
André Léo,
Les Deux Filles de monsieur Plichon
(1864)
“ Quoi, la damnation d’un côté, des chiffons de l’autre, l’amour ou la haine du divin Jésus, et vous hésitez ? Et vous traînez au milieu des bagatelles, des vanités, des impuretés terrestres, à côté de la mort qui vous menace incessamment, cette vie d’un instant, en face de l’éternité ! ”
Louis-Xavier de Ricard,
Le Parnasse contemporain/1869
“ Nous, vaincus & raillés, pouvons-nous nous promettre D’obtenir quelque jour la revanche du sort ? Ce n’est pas aujourd’hui que nous aurions dû naître : Notre vie est manquée, & nos destins ont tort. ”
Filaret Moskovskij, Oraisons funèbres, homélies et discours (1849)
“ Chacun d'entre nous, mes frères , a-t-il le sentiment et la conscience de cette victoire ? N'en est-il pas plusieurs parmi nous qui sont vaincus par la cupidité, par la vaine gloire et les vanités mondaines, vaincus et traînés par le monde en captivité ? ”
“ Je me demandais avec plus de force que jamais ce que je me suis toujours demandé, d’où pouvait provenir ce désir de nous enfermer dans la mort, de nous entraver et ligaturer jusque dans la décomposition, après avoir déjà tout fait pour nous ligaturer vivants. ”
E. Caro, La Poésie philosophique dans les nouvelles écoles…
“ Des splendeurs d’un tel rêve encor l’œil ébloui, Me retrouver devant l’iniquité céleste, Devant un dieu jaloux qui frappe et qui déteste, Et dans mon désespoir me dire avec horreur : « Celui qui pouvait tout a voulu la douleur ! » Mais la vengeance est là qui s’apprête. Un esprit de révolte, descendu de ce rocher expiatoire, va transformer la terre. ”
Prosper Jourdan, Contes et poésies de Prosper Jourdan…
“ Par quel fatal pouvoir l'homme est-il condamné A suivre malgré lui le destin qui l'entraîne? Tel recherche la mort qui ne la trouve pas. Tel autre la redoute et s'attache à la vie Qui, laissant à moitié sa tâche inaccomplie, Plein d'espoir et d'amour, vole vers le trépas. Spectre aveugle, ô Destin! ce monde est ton esclave. Insensé qui te fuit! Malheur à qui te brave! O vieillard entêté qui nous tiens dans la main; Quel grief as-tu donc contre le genre humain Pour que le Tout-Puissant, protégeant ta vengeance, Ait pu l'abandonner à ta lâche puissance? ”
“ Et c’est jusqu’à la mort qu’ils cheminent ainsi, au milieu des railleries, des échecs, des coups de sort, au milieu de l’injure ou de l’indifférence, inaccessibles et blancs comme des fantômes de vierges. ”
Auguste de Villiers de L’Isle-Adam,
Histoires insolites
“ Cette diversion, frappant, en effet, l'imagination du survivant et y suscitant des sentiments inattendus, lui permet de faire froidement et distraitement face, en homme de cœur, aux tristes nécessités de la situation. ”
Saint Augustin,
Les Confessions
(401)
“ Où vont, où fuient loin de vous ces hommes sans repos et sans équité ? Vous les voyez ; votre regard perce leurs ténèbres ; laideur obscure qui fait ressortir la beauté de l’ensemble. Quel mal ont-ils pu vous faire ? Quelle atteinte porter à votre empire qui demeure dans sa justice et son inviolabilité du plus haut des cieux au plus profond des abîmes ? Où ont-ils fui, en fuyant votre face ? Où pouvaient-ils vous échapper ? Ils ont fui, pour ne pas voir Celui qui les voit ; pour ne vous rencontrer qu’étant aveugles. Mais « vous n’abandonnez rien de ce que vous avez fait [3] . » ”
Samuel Richardson,
Histoire de Miss Clarisse Harlove
“ Puisse le ciel signaler sa vengeance, aux yeux de l’univers, sur le plus criminel et le plus abandonné de tous les hommes ! Et je ne doute pas que tôt ou tard l’effet ne réponde à mes vœux. Pour le dédommagement de vos souffrances, c’est sur l’autre monde qu’il faut jeter les yeux. ”
Théophile Denis, Poésies, par Théophile Denis,.… (1853)
“ Plus farouches que leurs ancêtres, Le cœur gonflé d'un sombre espoir , Ils paraissent comme ces spectres Que l'enfer évoque le soir, Traînant dans leur course rapide, Au milieu de lugubres cris, L'Anarchie à l'aspect livide, La Mort trônant sur des débris ! Seigneur , apaise encor ta trop juste colère, Baisse ton bras terrible armé contre la terre ; Seigneur, ne démens point ta générosité , Nos repentirs suivront ton excès de bonté. Oui, comme un bienfaiteur payé d'indifférence, Par un nouveau bienfait montre-nous ta vengeance : L'homme est petit, Seigneur, et ton pouvoir si grand ! ”
Alexandre Dumas,
Le Vicomte de Bragelonne
“ Sans ressource, hélas !... Impossible !... Que fera-t-il sans moi ?... Oh ! sans moi, il s’écroulera comme moi... Qui sait ?... Que la destinée s’accomplisse !... Il était condamné, qu’il demeure condamné !... ”
George Sand,
Horace
(1854)
“ Au reste, il ne s'agit pas d'autre chose dans ce moment de crise décisive, comme vous l'appelez avec raison, que de secouer ce voile funeste. Il faut que vous remportiez la victoire sur des sentiments indignes de vous, et que vous ayez un repentir profond. ”
Adolphe Boucher, Histoire dramatique et pittoresque des Jésuites… (1845-1846)
“ Offrez à leurs yeux les solennelles terreurs du jugement dernier; les effroyables et éternelles tortures des damnés. Menacez, enfin, de mort, et de mort subite, ceux qui négligent leur salut. Dans le confessionnal, quelque énorme que soient les péchés qu'on vous détaille, écoutez le pénitent avec sang-froid, et sans témoigner d'étonnement. Au contraire, vous insinuerez, pour l'encourager, que vous avez reçu l'aveu de choses bien plus atroces. ”
Jules Vallès,
Les Réfractaires
(1866)
“ C’est là qu’ils meurent, après avoir éclairé, distrait ou attendri une génération. Encore une fois, je ne fais retomber sur personne la responsabilité de leur malheur ; mais la défiance plane sur nos têtes. ”
Élisa Mercœur,
Œuvres complètes d’Élisa Mercœur
“ Vous ont laissé pour glaives leur vengeance, Leur souvenir pour étendards. Le fardeau du malheur vainement vous opprime ; Marchez ! le sort plus juste a marqué la victime, Livrez-vous au désir qui s’éveille en vos cœurs. ”
Adolphe Jouy de Veye, Voix de la solitude. Tome 1 (1891)
“ A sa lueur néfaste, au travers des ruines, Que d'hommes éperdus déchirent leurs poitrines, A l'obstacle, au malheur, se heurtant, égarés ! Mais que d'esprits déchus, pour le mal conjurés ! Voici que l'odieux le dispute à la crainte. ”
Abel-Anastase Germain,
Paroles prononcées par Mgr Germain…
(1882)
“ C'est un adoucissement à notre douleur de penser que vous contemplez, de vos yeux ravis, les lois éternelles d'où découlent ces lois humaines qui furent ici-bas votre passion et votre culte 1 Que le Dieu qui, nous nous plaisons à le croire, est maintenant votre récompense, veuille bien tempérer pour ceux que vous laissez après vous les amertumes de l'exil ! Qu'il verse un baume vivifiant sur leur cœur mortellement blessé ! ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Théâtre de Goethe
“ BEAUMARCHAIS. Je pars pour Aranjuez. Clavijo. ’. Soit ! Jusqu’à votre retour, la déclaration restera dans votre portefeuille. Si je n’ai pas obtenu ma grâce, donnez pleine carrière à votre vengeance. Cette proposition est juste, convenable et sage : si vous ne l’acceptez pas, qu’il y ait entre nous deux guerre à mort ! Et qui sera victime de sa précipitation ? Ce sera toujours vous et votre pauvre sœur. ”
“ Comment osez-vous prendre sur vous cette redoutable abréviation des phénomènes divers du repentir ? Vous rendez-vous compte de cette responsabilité damnée par vous, et qui se retourne contre vous, et qui devient la vôtre ? vous faites plus que tuer un homme, vous tuez une conscience. ”
“ Priez pour lui, pour son âme, il vous répondra: "Très certainement ce peuple brûle ses morts et enferme leurs cendres dans ces urnes. Ce peuple croit qu'après la mort du corps tout est dit pour l'homme. ”
George Sand,
Évenor et Leucippe
(1866)
“ Apprenez aussi que je me nourris surtout de la fumée des sacrifices, et que je veux être appelé l'implacable, c'est-à-dire la force qui tue les forts et la vengeance qui enivre les faibles. Vous apprendrez à vos enfants à me craindre, et, d'âge en âge je resterai avec votre race, car je suis celui qui ne meurt point. ”
Friedrich Nietzsche,
Généalogie de la morale
(1887)
“ Prenez-y bien garde ! Ces êtres souterrains gonflés de vengeance et de haine — que font-ils de cette vengeance et de cette haine ? Avez-vous jamais entendu un pareil langage ? À n’en croire que leurs paroles, vous seriez-vous douté que vous vous trouviez au milieu de tous ces hommes du ressentiment ?... ”
Georges Lafenestre,
Oeuvres de Georges Lafenestre. Poésies…
(1889)
“ Puisque c'est le destin, souffre, pauvre âme humaine, Dans le corps froid et dur qui te tient en prison ; Souffre, mais souviens-toi, mais garde bien ta haine, Et fais marcher toujours ceux que ton souffle mène. ”
Clément Ier,
Les Pères de l’Église
“ Or, je vous le demande, si ces vérités étaient bien connues, quel homme, se voyant resserré dans une vie si courte, se déclarerait pour le vice, quand il aurait en perspective les feux éternels qu’il lui prépare hors de cette vie ! ”
“ Connaissez-vous la vengeance des hommes timides qui se comportent dans la société comme s’ils avaient volé leurs membres ? La vengeance des âmes humbles, à la manière chrétienne, qui, partout sur la terre, ne font que se glisser furtivement ? La vengeance de ceux qui jugent toujours et auxquels on donne toujours tort ? La vengeance des ivrognes de tout genre pour qui le matin est ce qu’il y a de plus néfaste dans la journée ? ”
Sully Prudhomme,
Œuvres de Sully Prudhomme/Poésies 1872-1878
“ Les monts humiliés en s’allongeant s’écroulent. Le cœur semble se faire, à la merci des cieux, Un berceau du péril dont pourtant il frissonne, Et regarde sombrer tout ce qui l’emprisonne Avec un abandon grave et délicieux... ”
Pierre César, Le forgeron de Thalheim
“ Et, après toutes les misères vécues, tant d’affronts subis, tant de douleurs souffertes, nous sommes condamnés, nous tous, à rester toujours sur le qui-vive, nous couchant avec la peur, et nous réveillant dans l’incertitude. ”
Julien Loth, Fénelon, orateur (1875)
“ Qui te délivrera de toi-même et de ton éternel désespoir? Qui te délivrera des ténèbres, des pleurs, des grincements de dents, du ver rongeur qui ne peut mourir, des flammes dévorantes, des mains du Dieu vivant qui se nomme lui-même le Dieu des vengeances. ”
L. de Carné, Revue des Deux Mondes
“ Pauvres et affamés, combien êtes-vous, et combien sont-ils ? Votre vie est une mort lente et honteuse ; échangez-la contre une mort prompte et glorieuse, ou contre une victoire qui vous fera vivre. Voilà ce que crie l’esprit exterminateur. ”
Désiré Tricot, Poésies d'un fantasque, par Désiré Tricot… (1845)
“ Trêve donc pour toujours aux folles utopies, Aux longs ressentiments ou vous êtes impies Envers les blessés et les morts, Envers les survivants à ces rudes épreuves, Qui réclament de vous et qui veulent ces preuves De vos regrets, de vos remords. ”
John Henry Newman, Callista, scènes de l'Afrique chrétienne au IIIe siècle… (1859)
“ Supposez-vous, après votre mort, au milieu de gens pour lesquels vous n'éprouviez, en ce monde, que répugnance et dégoût, parmi des hommes dont les actions vous déplaisent et dont les pensées vous semblent ténébreuses. ”
George Sand,
Lélia
(1839 (2e version))
“ Vous voilà courbée et brisée sous le poids de cette destinée que vous avez choisie ! À qui la faute ? Puisse cette leçon vous être utile ! Souvenez-vous de nos querelles, de nos luttes et de notre séparation ; nous nous sommes mutuellement prédit notre perte ! ”
Jacques Normand, À tire-d’aile
“ Où ma vengeance complète, Enfin, s’épanouira ! Où tu te verras forcée, Courbant ton front sans souci, En te sentant délaissée De demander grâce aussi ; Où tu sauras ce qu’une âme, Sans se briser, peut souffrir ”
Victor Hugo,
Les Contemplations
(1856)
“ Ils partent radieux ; et qu'ignorant l'envie, L'erreur, l'orgueil, le mal, la haine, la douleur, Tous ces êtres bénis s'envolent de la vie A l'âge où la prunelle innocente est en fleur ! Nous qui sommes démons ou qui sommes apôtres, Nous devons travailler, attendre, préparer ; Pensifs, nous expions pour nous-même ou pour d'autres; Notre chair doit saigner, nos yeux doivent pleurer. ”
