“ La compassion devient l’antidote du suicide, étant un sentiment qui contient de la joie et qui procure le goût de la supériorité à petites doses ; elle détourne de nous-mêmes, fait déborder le cœur, chasse la crainte et l’engourdissement, incite aux paroles, aux plaintes et aux actions, — elle est un bonheur relatif, si on la compare à la misère de la connaissance qui met, de tous les côtés, l’individu à l’étroit, le pousse dans l’obscurité, et lui enlève l’haleine. Le bonheur cependant, quel qu’il soit, donne de l’air, de la lumière et de libres mouvements. ”
Friedrich Nietzsche
Résumé
Aurore, écrit par Friedrich Nietzsche en 1881, est un essai philosophique qui examine les fondements de la morale, des croyances et de l'instinct humain. Dans ce texte, l'auteur critique le christianisme et la morale traditionnelle, défendant une vision de la vie centrée sur la puissance, la fierté et la joie.
Influencé par Schopenhauer et les Grecs, Nietzsche remet en question les valeurs dominantes et valorise l'ambition de l'individu. L'œuvre, riche en citations provocatrices, marque un tournant dans sa réflexion sur l'humanité et la liberté.
Citations de Aurore (Friedrich Nietzsche)
“ C’est pourquoi ils pensent à leur entourage, leur époque, leur monde tout entier, avec des sentiments de vengeance. L’ivresse passe à leurs yeux pour être la vie vraie, le moi véritable : ailleurs ils voient les adversaires et les empêcheurs de l’ivresse, quelle que soit l’espèce de cette ivresse, spirituelle, morale, religieuse ou artistique. L’humanité doit une bonne part de ses malheurs à ces ivrognes enthousiastes : car ceux-ci sont les insatiables semeurs de l’ivraie du mécontentement avec soi-même et avec le prochain, du mépris de l’époque et du monde, et surtout de la lassitude. ”
“ « la nature est laide, sauvage, ennuyeuse, — eh bien ! embellissons-la (embellir la nature !) » — de même le sentiment : « la science est laide, sèche, désespérée, difficile, ennuyeuse, — eh bien ! embellissons-la ! » provoque toujours à nouveau quelque chose qui s’appelle la philosophie. Celle-ci veut ce que veulent tous les arts et tous les poèmes : divertir, avant toute autre chose. Mais elle veut cela, conformément à une fierté héréditaire, d’une façon supérieure et plus sublime, devant des esprits d’élite. ”
