André Léo,
Les Deux Filles de monsieur Plichon
(1864)
“ Il est des joies que l’âme ne confie point aux lèvres ; mais ce que je puis dire, je te le dirai. Non, mon ami, mon bonheur n’est plus le même. Il ne saurait l’être, car, en nous développant, nous changeons sans cesse et notre horizon aussi, à mesure que nous marchons, change autour de nous. Les joies les plus vraies, sont-ce les premières ? Peut-être ; mais je n’en suis pas bien sûr. Plus je vis avec elle, et plus je m’élève, à ce qu’il me semble. Nous avons l’un sur l’autre ce pouvoir d’activer en nous les forces du sentiment et de la pensée. S’agrandir, n’est-ce pas devenir plus heureux ? ”
