Résumé

E. Caro La Poésie philosophique dans les nouvelles écoles…

Quittez un tel espoir ; tous les limons sont frères En face du néant. ................ Quand un souffle d’amour traverse vos poitrines, Sur des flots de bonheur vous tenant suspendus, Aux pieds de la beauté lorsque des mains divines Vous jettent éperdus, Quand, pressant sur ce cœur qui va bientôt s’éteindre Un autre objet souffrant, forme vaine ici-bas, Il vous semble, mortels, que vous allez étreindre L’infini dans vos bras, Ces délires sacrés, ces désirs sans mesure, Déchaînés dans vos flancs comme d’ardens essaims, Ces transports, c’est déjà l’humanité future Qui s’agite en vos seins.
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E. Caro La Poésie philosophique dans les nouvelles écoles…

C’est la croix qu’il veut abattre, la croix libératrice qui s’élève à ce sommet sublime où se fait le partage des deux mondes, le monde antique avec l’esclavage et la haine, le monde moderne avec l’égalité des âmes et la loi de l’amour. Tout cela ne satisfait pas le poète, et s’il faut accepter la sombre alternative posée par Pascal : croire ou désespérer, eh bien ! il désespérera ; mais d’abord il décrit en traits superbes la lutte de Pascal avec le sphinx. Dans ce pâle et frêle chrétien qui l’a défié, le sphinx est tout surpris de trouver un athlète héroïque.
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E. Caro La Poésie philosophique dans les nouvelles écoles…

Mais ce n’est là que l’exaltation passagère d’un amour qui sent la vie lui échapper et qui aime mieux jeter l’objet aimé dans le néant, où il ne sera à personne, que dans une éternité qui pourrait le lui ravir. C’est le suprême choix d’un désespéré. Rien de morne et de lugubre comme la pensée du poète chaque fois que cette nature invoquée et maudite lui révèle sa face meurtrière et sereine. Dans un dialogue étincelant des plus sombres beautés, la Nature et l’Homme, elle dévoile enfin son but, celui qu’elle poursuit du fond de l’éternité.
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