Résumé

Portrait de Jean Féron Jean Féron L’homme aux deux visages

Il n’eut pas de peine à reconnaître Mélie, l’ancienne servante de Maître Jean, pour l’une de ces deux femmes... mais l’autre ? Oui, l’autre, tout de noir vêtue et tenant à la main une ombrelle de soie noire... une jeune femme, belle et gracieuse, brune et aux cheveux très noirs... Ah ! ce devait être la fille de Maître Jean ! Oh ! comme elle avait la taille de Lucie... Mais ce n’était pas Lucie, et Flandrin la voyait d’assez proche pour ne lui découvrir aucune ressemblance avec son ancienne amante. Oui, se dit Flandrin dont le cœur battait au point d’éclater, voilà la fille de Maître Jean !...
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Portrait de Jean Féron Jean Féron L’homme aux deux visages

La ville est joyeuse et animée. Dans les jardins, les arbres font leur feuillée, les fleurs donnent le jour à leurs timides corolles, les herbes nouvelles, d’un beau vert sombre, tapissent déjà les parterres. Il semble que ce jour-là soit le plus beau qu’on ait vu, que la nature se soit faite plus belle que jamais, que le Ciel ait répandu sur la Nouvelle-France et son petit peuple tous ses bienfaits.
Monsieur le Comte de Frontenac parade par les rues de la cité : une compagnie de tambours et de fifres le précèdent, ses gardes l’entourent, la maréchaussée ferme la marche.
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Portrait de Jean Féron Jean Féron L’homme aux deux visages

Si je vous suis un inconnu, je peux vous affirmer que, moi, j’ai bien connu votre honorable père feu Maître Jean et qu’il fut mon ami comme j’ai été le sien.
— Je sais tout cela, capitaine. Mélie, ma bonne Mélie m’a tout conté. Loin de vous en vouloir, je vous dois une reconnaissance sans borne qu’il me sera peut-être impossible de vous rendre. Mais dites-moi, est-il vrai que vous soyez aux gages et aux ordres du lieutenant de police ?
— Hélas ! mademoiselle, c’est trop vrai. Mais que voulez-vous ?
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