Résumé

Portrait de Jean Féron Jean Féron L’échafaud sanglant

Et l’huissier, tout pâle et tout tremblant, voyait le vieillard tirer de son gousset une troisième pièce d’or... puis une quatrième... une cinquième une dixième ! Et lui, le généreux vieillard, glissait toutes ces pièces d’or dans la poche de veste du huissier. Celui-ci demeurait médusé... Mais en même temps aussi il se sentait devenir fou de joie... car il entendait à merveille le merveilleux tintement des dix pièces d’or qui alourdissaient agréablement la poche de sa veste. Il put s’écrier dans son émerveillement ;
— Ah ! ça, Maitre Jean, méditez-vous de m’acheter mon âme ?
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Portrait de Jean Féron Jean Féron L’échafaud sanglant

Un peu plus loin, le vieillard obliqua brusquement sur sa droite et s’enfonça, sans hésiter une seconde, dans une sorte d’impasse sombre et malpropre au fond de laquelle reposait le plus paisiblement du monde une bicoque à l’air sordide et lugubre.
Ce qui lui donnait cet air funèbre, c’était la couleur dont on l’avait revêtue : ses planches étaient rouges, du même rouge sang que le gibet de la rue Sault-au-Matelot. La bicoque possédait, pour en éclairer l’intérieur, au jour, deux petites fenêtres que fermaient des volets peints en noir... un noir de mort !
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Portrait de Jean Féron Jean Féron L’échafaud sanglant

Il se leva, marcha vers le coffre, l’ouvrit et y prit un portrait tout encadré, le portrait d’une jeune fille ou d’une jeune femme. Le peintre y avait mis ses couleurs les plus vraies, et la jeune femme, qu’on voyait à demi allongée sur un divan, avait une magnifique tête blonde, des yeux bleus d’une pureté angélique, un sourire — celui de Maître Jean — sur les lèvres les plus rouges qui fussent, et une taille de déesse. C’était une belle... très belle enfant, car le peintre avait réussi à lui donner un air de jeunesse qui pouvait tromper le regard le mieux exercé.
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